Une dame en fauteuil roulant qui habite Saint-Joseph-de-Sorel a eu droit à toute une surprise lorsqu’elle a pris un taxi pour se rendre à une clinique dentaire du secteur Tracy. Le conducteur de la camionnette adaptée a voulu lui charger trois fois le prix indiqué. Celle-ci a alors contacté le Sorel-Tracy Express.ca afin de faire la lumière sur ce genre de pratiques.
Bien qu’elle soit handicapée, la dame en question est en mesure de faire le transfert de son fauteuil au siège arrière du véhicule. C’est pourquoi elle avait demandé un taxi avec de la place dans la valise pour son fauteuil roulant. « Pour une course qui me coûte normalement entre 7,50 $ à 8,50 $, il a voulu m’en charger 30 $, prétextant qu’il devait « payer ces modifications-là », raconte-t-elle.
« Il m’a informé des tarifs spéciaux à mi-chemin. Quand je lui ai dit que je n’étais pas au courant, que je n’avais pas cette somme-là et que j’avais simplement demandé un véhicule avec de la place dans la valise, il m’a demandé si j’avais au moins 20 $, continue la dame. Quand je lui ai dit que je n’avais que 10 $, ce que ça me coûte normalement avec le pourboire, il a accepté de me le faire au compteur, en prenant bien sûr le trajet le plus long!»
Tous les intervenants joints par le Sorel-Tracy Express.ca ont déploré cette situation, qui est carrément illégale.
Les représentants de Taxi Coop, la compagnie concernée par cette affaire, n’approuvent pas cette conduite. « Lorsqu’il y a une prise en charge de la personne, c’est 15 $ plus le compteur, indique le vice-président de Taxi Coop, Richard Deguise. C’est normal, parce que s’il faut aller chercher la personne au sous-sol et la mener jusqu’au troisième étage de l’Hôtel-Dieu, ça peut prendre une heure ».
« Dans ce cas-ci, c’est juste le compteur qui aurait dû être chargé », rectifie-t-il. Probablement que le conducteur croyait qu’il allait faire un transport adapté. Il y a dû y avoir un malentendu. On va enquêter là-dessus ».
À l’Association des personnes handicapées de Sorel-Tracy, le président Michel Chaurrette n’avait jamais entendu une chose pareille. « C’est consternant d’abuser des personnes handicapées de cette façon, a-t-il déclaré. On va poser les questions qui s’imposent ».
À la Commission des transports du Québec, on insiste sur le fait qu’il doit y avoir un contrat écrit entre le conducteur et le passager pour convenir d’un prix pour le transport et d’un autre pour l’accompagnement.
« S’il n’y a pas de contrat, le prix du taxi est compté à partir du moment où la personne entre dans le taxi et en sort. C’est le même tarif pour les personnes handicapées », assure le directeur des communications, Guy Mailhot.
« C’est arrivé à quelques reprises dans le passé que nous avons pris des gens sur le fait avec des contrôleurs routiers qui embarquent pour voir comment ça se passe, en se faisant passé pour un accompagnateur, mentionne-t-il. On ne tolère pas ça. Les sanctions peuvent aller de la suspension à la révocation du permis.»
