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Absence de francophones au C.A.: le CN refuse de s'excuser

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1 juin 2022
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

OTTAWA — La grande patronne du Canadien National (CN) refuse de s'excuser au nom de son entreprise pour la situation ayant mené à une absence de francophones sur son conseil d'administration.

«Ce que j'offre, c'est un engagement à nommer très bientôt un administrateur francophone du Québec», a plutôt répondu Tracy Robinson au député néo-démocrate Alexandre Boulerice qui réclamait de telles excuses en la questionnant lors d'une comparution mercredi devant le comité permanent des langues officielles.

Le CN a été plongé dans une tempête linguistique lorsqu'il a été rendu public que le transporteur, ayant son siège social à Montréal et qui est assujetti à la Loi sur les langues officielles, n'avait retenu aucun candidat francophone pour son conseil d'administration après la démission de l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

Le premier ministre Justin Trudeau avait dit être «époustouflé» par la situation et l'entreprise avait annoncé le jour même qu'elle corrigerait la situation grâce à la fin des mandats d’administrateurs «dans les prochains mois».

Or, dans une réponse au premier vice-président du comité, le conservateur Joël Godin, Tracy Robinson semblait être agréablement surprise mercredi de souligner que le processus a «révélé un grand nombre de candidats francophones qualifiés situés au Québec».

La nomination du candidat retenu est «une question de mois et non d'années», a précisé la présidente-directrice générale dans son témoignage partiellement en français, une langue qu'elle apprend depuis son arrivée à la tête de l'organisation il y a trois mois.

Mme Robinson a évité de répondre à une pléiade de questions des élus, malgré qu'elle ait soutenu que son entreprise «mène par l'exemple».

Trouve-t-elle qu'un seul francophone sur le c.a. est suffisant? Croit-elle qu'il devrait y en avoir un minimum dans le cas des entreprises assujetties à la Loi sur les langues officielles? Des cours de français sont-ils obligatoires pour les membres du c.a.? Le bilinguisme devrait-il être une exigence lors de l'embauche de cadres supérieurs? Croit-elle que la maîtrise du français devrait faire partie de l'évaluation du rendement des cadres supérieurs? Chaque fois, elle a esquivé.

Tracy Robinson est la seconde patronne à comparaître devant ce comité en quelques mois. Le chef de la direction d'Air Canada, Michael Rousseau, avait été mis sur la sellette dans la foulée d'un tollé qu'avait suscité un discours qu'il avait livré essentiellement en anglais à Montréal à l'automne.

Michel Saba, La Presse Canadienne