Boire du café serait (essentiellement) bon pour la santé

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les résultats concordants issus d’études de cohorte à grande échelle et de petits essais contrôlés randomisés permettent de conclure qu’une consommation modérée de caféine ou de café est sans danger pour la plupart des adultes, rassure un nouvel énoncé scientifique de l'American Heart Association publié par le journal Circulation.
Une «consommation modérée» de café représente jusqu’à 400 milligrammes de caféine par jour, soit environ trois à cinq tasses de café de huit onces chacune.
Cette consommation est associée à un risque moindre de maladies cardiovasculaires, notamment de cardiopathie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque et de fibrillation auriculaire, ainsi que d’hypertension et de diabète de type 2, précise-t-on.
«De vastes études de cohorte prospectives avec un suivi à long terme mettent systématiquement en évidence des associations inverses modestes entre la consommation habituelle de café et la mortalité toutes causes confondues au sein de populations diverses», peut-on lire dans cet énoncé.
«Ces associations sont généralement non linéaires, le risque de mortalité le plus faible étant observé à des niveaux de consommation modérés (deux à quatre tasses par jour), et elles restent globalement solides après ajustement pour tenir compte du tabagisme et d’autres facteurs liés au mode de vie.»
Qui plus est, «des associations inverses similaires ont été rapportées tant pour le café caféiné que pour le café décaféiné, ce qui confirme la contribution des composants bioactifs autres que la caféine».
Les auteurs rappellent en revanche qu'une «consommation de grandes quantités de sucre ajouté, de sirops aromatisés et de produits laitiers peut augmenter considérablement l'apport calorique et annuler les bienfaits potentiels pour la santé associés au café lui-même».
On doit aussi tenir compte de la source de la caféine, préviennent-ils: si le café et le thé peuvent fournir d'autres substances, comme des antioxydants, qui seront bénéfiques pour la santé, des boissons énergisantes pourront contenir des quantités très élevées de caféine, de sucre et d'autres ingrédients plus ou moins souhaitables.
Pression, MCV et AVC
Les effets à long terme d’une consommation régulière de caféine sur la tension artérielle restent incertains et sont probablement minimes, «bien que le risque puisse augmenter en cas de consommation élevée, en particulier chez les personnes souffrant d’hypertension sévère ou présentant une sensibilité accrue, car une consommation régulière peut entraîner une tolérance», explique l'énoncé scientifique.
Il a toutefois été démontré «que la consommation de boissons énergisantes contenant des concentrations élevées de caféine entraînait une augmentation significative de la tension artérielle systolique et diastolique chez les adultes en bonne santé».
En revanche, il a été démontré que l’extrait de grain de café vert réduit la pression artérielle systolique et diastolique chez les adultes, en particulier chez les personnes présentant des valeurs de référence élevées.
«Ces résultats contrastés peuvent s’expliquer par des différences de concentration en caféine et par la présence d’autres composés bioactifs, tels que la taurine dans les boissons énergisantes et l’acide chlorogénique dans le café, qui ont des effets opposés sur la pression artérielle», explique-t-on.
D'autres études ont mesuré une association entre la consommation de trois à cinq tasses de café par jour et une réduction pouvant atteindre 30 % du risque de souffrir d'un diabète de type 2. Ici aussi, on soupçonne que l'effet protecteur provient des substances autres que la caféine.
On a constaté, paradoxalement, que la «consommation d'au moins une tasse de café contenant de la caféine par jour, par rapport à l'absence totale de café et de caféine, a entraîné une réduction statistiquement significative de 39 % du risque de récidive de fibrillation auriculaire», une forme très courante d'arythmie.
L'American Heart Association exhorte même «les cliniciens à ne pas déconseiller la consommation de caféine afin de réduire le risque de FA».
De plus, les données dont on dispose en ce moment «suggèrent que la consommation de caféine dans les limites habituelles n'a pas d'incidence sur le risque de maladie coronarienne, mais que d'autres composants du café pourraient réduire légèrement ce risque».
Enfin, une consommation quotidienne modérée de café a été associée à une réduction d'environ 20 % du risque d'accident vasculaire cérébral. Une analyse plus récente, fondée sur les données de la UK Biobank, a aussi montré que la consommation de quatre ou cinq tasses, voire plus, de café moulu, instantané ou décaféiné était associée à un risque moindre d'accident vasculaire cérébral ischémique.
La Presse Canadienne