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Crise de l'eau: des chefs des Premières Nations veulent des solutions à long terme

durée 19h06
14 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Les chefs des Premières Nations du nord de l'Ontario exhortent les gouvernements fédéral et provincial à accélérer les évacuations et à s'engager à trouver des solutions à long terme, alors qu'une communauté continue de faire face à des défaillances de ses systèmes d'approvisionnement en eau et d'égouts.

La communauté de la Première Nation de Kashechewan, accessible uniquement par avion, a déclaré l'état d'urgence le 4 janvier après que les autorités locales ont indiqué que les dommages causés aux infrastructures avaient créé un problème urgent de santé et de sécurité publiques, les eaux usées s'infiltrant dans les habitations et contaminant les réseaux d'eau potable.

Services aux Autochtones Canada a expliqué la semaine dernière qu'il priorisait l'évacuation de 500 personnes vulnérables et que des réparations étaient en cours dans cette Première Nation isolée de la rive ouest de la baie James.

Les dirigeants du Conseil Mushkegowuk, qui représente ces Premières Nations, dont Kashechewan, ont indiqué mercredi que sur les 2200 habitants de la communauté, 668 avaient été évacués au cours des dix derniers jours.

«Je ne comprends pas ce qui cloche avec le gouvernement concernant l'urgence de l'évacuation», a expliqué Leo Friday, grand chef du Conseil de Mushkegowuk, lors d'une conférence de presse à Ottawa.

M. Friday a expliqué que les eaux usées avaient inondé le poste de soins infirmiers et la station d'épuration de la communauté, et que les bornes d'incendie étaient gelées. Ils ont demandé une évacuation accélérée et des avions plus gros, mais les gouvernements n'agissent pas assez vite, a-t-il affirmé.

«Notre peuple a besoin d'aide maintenant. Nous devons l'aider maintenant. Nos communautés ne vont pas mendier, a-t-il dit. Il s'agit de responsabilité issue des traités, de relations de nation à nation et de responsabilité gouvernementale.»

«Si le gouvernement veut des routes, des ports et un accès aux ressources, il doit aussi tenir compte de nos priorités», a-t-il ajouté.

Services aux Autochtones Canada a annoncé la semaine dernière avoir retenu les services d'une entreprise spécialisée dans la gestion de l'eau et des eaux usées pour résoudre les problèmes qui ont entraîné la fermeture de la station d'épuration de la Première Nation.

Le ministère ontarien de la Protection civile a également indiqué que la province collabore avec le gouvernement fédéral, les dirigeants des Premières Nations et les partenaires locaux afin d'assurer l'évacuation sécuritaire des résidents.

Cependant, M. Friday a déclaré que la crise révèle un besoin urgent de solutions à long terme de la part d'Ottawa et du gouvernement ontarien, notamment la construction d'une clinique et d'une station d'épuration fonctionnelles dans la communauté.

La Première Nation de Kashechewan a déjà été évacuée en raison de problèmes d'infrastructure. En 2005, le réseau d'aqueduc de la communauté a été contaminé par la bactérie E. coli, ce qui a forcé l'évacuation de plus de 800 résidents. Les inondations printanières et l'eau insalubre ont également entraîné de nombreuses autres évacuations au fil des ans.

Un communiqué de la Première Nation indique que la communauté est aux prises avec des pannes de pompes dans les stations de relevage des eaux usées en raison d'un système surchargé qui a maintenant plus de 30 ans.

«L'Ontario et le Canada doivent réagir maintenant, a affirmé M. Friday. Investissez dans notre communauté et respectez les obligations issues des traités.»

— Avec la collaboration d’Alessia Passafiume à Ottawa.

Rianna Lim, La Presse Canadienne