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Crise politique: le choc fait place aux questions chez des Vénézuéliens du Québec

durée 14h42
4 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTREAL — Au lendemain de l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, le choc et la surprise font désormais place aux questions chez des Vénézuéliens installés au Québec.

S'ils ont été surpris d'apprendre samedi l'enlèvement en pleine nuit de M. Maduro, certains Vénézuéliens ne sont toutefois pas étonnés que cela soit arrivé après les multiples menaces proférées par le président américain Donald Trump.

«Je ne suis pas surpris de ce qui est arrivé, je suis un peu surpris de l'action qui a été entamée», a réagi dimanche Mario Machado, qui est arrivé au Canada en 2012.

Même son de cloche du côté de Claudia Carrera, installée depuis 25 ans à Québec. Mais une fois le choc passé, le maître mot est la vigilance pour les Vénézuéliens.

«On est très vigilant parce qu'on ne sait pas ce qui va arriver par la suite. Là, on était hier dans le choc, mais qu'est-ce qui va arriver pour la suite?» s'est questionné M. Machado.

Pour Mme Carrera, la situation est aussi loin d'être claire après le point de presse tenu la veille par Donald Trump, qui parlait d'un contrôle de la part des États-Unis.

La vice-présidente Delcy Rodríguez est désormais présidente par intérim après une décision de la Cour suprême du pays.

«C'est très flou. On parle avec les gens au pays et ils nous disent que, là-bas, il n'y a personne qui sait exactement ce qui va se passer. Je pense que les prochains jours vont nous donner plus d'indices sur ce à quoi s'attendre», a expliqué Mme Carrera au bout du fil.

«Qu'est-ce qui va arriver après, on ne sait pas bien, mais on pense que cela ne peut pas être pire que ce que l'on avait», a-t-elle ajouté.

Un espoir qui renaît

Pour beaucoup de Vénézuéliens qui ont choisi de faire leur vie en dehors du pays, les bouleversements des dernières heures représentent l'espoir de pouvoir revoir leurs proches ou leurs amis restés sur place.

L'option de voyager est particulièrement difficile pour ceux installés au Canada, puisqu'il leur est presque impossible de renouveler leurs passeports depuis que le Venezuela a fermé ses ambassades et ses consulats au Canada et aux États-Unis.

Il est aussi compliqué de trouver des vols directs vers leur pays d'origine, a mentionné Claudia Carrera, qui n'a pas remis les pieds au Venezuela depuis sept ans.

Les Vénézuéliens espèrent aussi pouvoir retrouver une vie normale et qu'une démocratie soit enfin instaurée dans leur pays.

«On attendait quelque chose, un miracle, parce qu'on avait tout essayé avant, a souligné Mme Carrera. On a essayé des grèves, on a essayé des manifestations, on a essayé pour la vie démocratique d'avoir des élections, il n'y a rien qui marchait.»

«Le seul espoir qu'on avait, c'est que quelqu'un de l'extérieur vienne en aide», a-t-elle raconté, précisant qu'elle souhaite que les États-Unis restent un certain temps, avant de quitter et de laisser le peuple diriger le pays.

Des questionnements sur l'immigration

M. Machado, qui est consultant réglementé en immigration canadienne, s'interroge également sur les possibles changements qui pourraient toucher certains Vénézuéliens arrivés au Canada.

Actuellement, une suspension administrative des renvois existe pour les Vénézuéliens en raison de la crise humanitaire qui touche leur pays.

Ainsi, un Vénézuélien qui se voit refuser une demande d'asile et qui obtient une mesure de renvoi n'est pas obligé de partir en raison du gel mis en place à l'Agence des services frontaliers du Canada, a expliqué M. Machado.

Ce sursis permet aux personnes concernées de se qualifier pour un autre programme d'immigration afin d'obtenir ultimement une résidence permanente, a avancé le consultant.

«Pour le moment, le sursis administratif est encore en place, mais qu'est-ce qu'il pourrait devenir dans le futur?» s'est demandé M. Machado.

Contactée à ce sujet, l'Agence des services frontaliers du Canada n'avait pas encore précisé au moment d'écrire ces lignes si elle avait reçu de nouvelles consignes ou non concernant le Venezuela.

— Avec des informations de l'Associated Press

Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne