Des Canadiens à l'étranger veulent une hausse de la participation électorale

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Des Canadiens vivant à l'étranger appellent à une participation accrue des électeurs d'outre-mer et affirment que les obstacles au vote pourraient fausser les résultats des élections.
Timothy Veale, directeur de Grits Abroad – un organisme qui vise à mettre en relation les électeurs libéraux canadiens du monde entier – a déclaré que près de cinq millions de Canadiens vivent à l'extérieur du pays et qu'environ 3,5 millions d'entre eux sont admissibles à voter.
M. Veale a indiqué que le taux de participation des Canadiens non résidents aux élections fédérales demeure très faible. Il a expliqué que ce taux est dû notamment au vote par correspondance, aux délais très courts, à l'incertitude quant à la réception et à la livraison des bulletins de vote, ainsi qu'au manque de communication des partis politiques.
Daniel Scuka, membre de Grits Abroad résidant en Allemagne, a dit que les partis doivent se mobiliser et encourager les Canadiens à l'étranger à voter. Il a ajouté qu'Élections Canada pourrait également être incité à faire davantage pour soutenir le vote à l'étranger.
M. Veale a fait valoir que les partis fédéraux devraient considérer les électeurs à l'étranger comme une opportunité.
«J'aimerais qu'un politicien nous demande notre vote, a-t-il affirmé. Lors des dernières élections… je ne crois pas que quiconque ait courtisé les cinq millions de personnes vivant à l’étranger.»
M. Veale a déclaré que le système «a besoin d’être modernisé» et que les Canadiens devraient pouvoir voter en personne à une ambassade, à un consulat ou à un haut-commissariat. Il a également souligné que plusieurs pays autorisent le vote en ligne.
«Nous avons le droit de voter et une élection de 37 jours n’a pas été conçue pour permettre aux citoyens à l’étranger de faire une demande de vote, a-t-il expliqué. Une fois l’autorisation obtenue, il faut attendre que le bulletin de vote soit envoyé, puis le renvoyer. Imaginez devoir s’y retrouver parmi plus de 200 systèmes postaux nationaux différents à travers le monde.»
«Nous avons vu comment d’autres pays fonctionnent et nous pouvons faire beaucoup mieux. C’est simplement une question de volonté, à mon avis», a-t-il ajouté.
Élections Canada a indiqué par courriel que 101 690 trousses de vote ont été envoyées à des électeurs résidant à l’extérieur du Canada lors des dernières élections générales. De celles-ci, 57 440 ont été retournées à temps et comptabilisées.
L’organisme a précisé que 20 013 trousses de vote ont été retournées trop tard pour être comptabilisées, tandis que 411 trousses ont été retournées à temps, mais n’ont pas pu être comptabilisées pour d’autres raisons, comme le manque de renseignements sur l’enveloppe extérieure.
Élections Canada a également rapporté que 23 826 trousses de vote n’ont pas été retournées ou ont été annulées par des électeurs résidant à l’extérieur du Canada.
Matthew McKenna, porte-parole d’Élections Canada, a déclaré que l’organisme utilise ses médias sociaux pour informer les électeurs internationaux, avant et pendant une élection, de la façon de s’inscrire et de recevoir leur trousse de vote, et pour leur rappeler les dates limites.
Pendant les élections, a-t-il ajouté, la campagne de l’organisme comprend des bannières publicitaires web informant les Canadiens à l’étranger qu’ils peuvent demander à voter par la poste.
Les électeurs à l'étranger peuvent s'inscrire à tout moment, même entre deux campagnes électorales, a-t-il précisé. Élections Canada envoie aussi immédiatement des bulletins de vote à tous les électeurs inscrits dès qu'une élection est déclenchée.
Une fois inscrits sur les listes électorales, les électeurs résidant à l'étranger y demeurent, à moins qu'ils ne retournent au Canada ou ne demandent d'être retirés, a-t-il détaillé.
«Au cours des derniers mois, le directeur général des élections a fait part de ses réflexions sur le vote des électeurs internationaux», a dit M. McKenna.
«Lors de sa comparution devant le comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre en novembre 2025, il a souligné que le taux de retour des bulletins de vote spéciaux envoyés aux électeurs internationaux préinscrits est nettement supérieur à celui des électeurs qui s'inscrivent pendant la période électorale.»
M. McKenna a indiqué que le directeur général des élections avait recommandé de prolonger la période électorale minimale pour les élections à date non fixe, une mesure qui, selon lui, contribuerait à régler le problème des bulletins de vote spéciaux internationaux arrivant après la date limite.
«Actuellement, la Loi électorale du Canada prévoit qu'une période électorale doit durer au moins 37 jours et au plus 51 jours», a rappelé M. McKenna.
— Avec des informations de Sarah Ritchie
Catherine Morrison, La Presse Canadienne