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Des chercheurs néo-écossais tentent de comprendre le meuglement des vaches

durée 09h00
4 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — Si une vache meugle dans une étable et que personne n'est là pour l'entendre, pourriez-vous quand même comprendre ce qu'elle essaie de dire?

Des chercheurs de l'université Dalhousie espèrent répondre à cette question.

Sous la direction du Dr Ghader Manafiazar, l'équipe du campus agricole de Dalhousie à Truro, en Nouvelle-Écosse, enregistre et analyse les bruits émis par les vaches afin de déterminer si les animaux ont des schémas vocaux différents.

Les humains peuvent prononcer des mots en utilisant différentes inflexions et significations, explique M. Manafiazar, professeur à la faculté d'agriculture. Ses recherches visent à déterminer si cela vaut également pour les animaux. «Quand ils disent "meuh", est-ce différent de "meuuuuuu"?»

M. Manafiazar et son étudiant Hassan Miraei ont enregistré plus de 8400 heures d'audio de vaches, en se concentrant sur la semaine précédant et suivant le vêlage afin de déterminer si les chercheurs pouvaient détecter le stress chez les animaux.

M. Miraei a donné les enregistrements audio à un algorithme d'intelligence artificielle chargé d'enregistrer les sons et de les mettre en correspondance avec d'autres données collectées par les chercheurs, telles que l'heure de la journée ou le comportement de la vache avant et après qu'elle eut émis un son.

Par exemple, si une vache émettait un type de meuglement spécifique, puis accouchait le lendemain, l'équipe saisissait ces données dans le modèle d'IA.

«Si nous constatons une augmentation importante de la hauteur du son à un moment donné, cela pourrait être associé à quelque chose de particulier. Même les couchers de soleil, les moments de repos. Nous ne savons pas», a expliqué M. Manafiazar.

À partir de là, les équipes tentent de mettre au point un algorithme capable d'analyser les schémas vocaux et de suggérer si la vache a faim, est fatiguée, souffre ou profite simplement du coucher de soleil.

M. Manafiazar compare cette recherche à un parent qui apprend à décoder les pleurs de son bébé. Avec le temps, les parents peuvent comprendre la signification d'un cri particulier.

La tâche est beaucoup plus difficile avec un troupeau de bovins; «le défi, c'est d'avoir 10 000 bébés à la fois».

L'objectif de l'équipe est de passer de ce que M. Miraei appelle un algorithme supervisé à un algorithme non supervisé. Actuellement, les suggestions de l'algorithme sont recoupées avec les notes de l'équipe sur les actions des vaches et le moment du beuglement. À terme, ils espèrent passer à un algorithme non supervisé, dans lequel un enregistreur installé dans l'étable enverra directement l'audio au modèle d'IA, qui répondra en interprétant les vocalisations de la vache.

Cela pourrait être un moyen de décoder en temps réel ce que les vaches essaient de dire.

La recherche en est encore à ses débuts, mais MM. Manafiazar et Miraei sont optimistes. Ils espèrent que cette recherche aidera un jour les agriculteurs à comprendre et à anticiper les changements d'humeur, de santé et de comportement des vaches.

Emily Baron Cadloff, La Presse Canadienne