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Des groupes communautaires réclament la démission de la ministre Chantal Rouleau

durée 15h50
30 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — En colère contre la ministre de la Solidarité sociale Chantal Rouleau, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement «Le communautaire à boutte» réclament sa démission.

Ils demandent au premier ministre sortant François Legault de leur trouver un nouvel interlocuteur, et ce, «dès maintenant».

Les intervenants communautaires ont entamé la semaine dernière des moyens de pression décrits comme historiques pour réclamer plus de financement.

Or, vendredi dernier, alors qu'elle participait à un exercice de reddition de comptes à l'Assemblée nationale, Mme Rouleau a plaidé que son gouvernement en faisait déjà beaucoup pour le milieu.

Elle a notamment rappelé que plus de 2 milliards $ allaient être investis cette année dans le secteur communautaire.

«Mme la présidente, (...) ce n'est pas rien. C'est une approche qui témoigne d'une reconnaissance historique et institutionnelle du rôle joué par le milieu communautaire autonome dans la société québécoise», a-t-elle dit.

Le député Etienne Grandmont, de Québec solidaire, s'est alors porté à la défense des groupes communautaires qui sont bel et bien sous-financés, dans le contexte où «les besoins explosent», selon lui.

«Le communautaire est à boutte parce qu'il tient à bout de bras un filet social que les gouvernements actuels et passés ont refusé de financer adéquatement, a-t-il déclaré. Il doit toujours faire plus avec moins.»

En outre, la manière dont on finance le milieu, par projets, par «enveloppes ponctuelles, ciblées, conditionnelles», crée une «instabilité constante» et force les groupes à «courir» après l'argent, a-t-il plaidé.

Selon Caroline Toupin, du RQ-ACA, et Mathieu Gélinas, du mouvement «à boutte», la ministre a passé plus de temps vendredi à défendre son bilan qu'à discuter de la «réelle détresse qui se vit actuellement sur le terrain».

Ils affirment également que Mme Rouleau a refusé de rencontrer des intervenants communautaires au terme de l'interpellation vendredi. Selon eux, la ministre «ne mesure pas la gravité de la situation».

«Mme Rouleau a tourné le dos à plus de 1800 organismes en grève et à plus de 20 000 travailleuses et travailleurs du communautaire», ont dénoncé lundi Mme Toupin et M. Gélinas.

En plus d'exiger le départ de Mme Rouleau, ils disent vouloir rencontrer le premier ministre actuel ou son successeur afin de travailler à un «plan de rattrapage».

Ils réclament aussi une partie des 250 millions $ de la marge de manœuvre discrétionnaire dont disposera le ou la future première ministre, ainsi que le maintien du Fonds d'aide à l'action communautaire autonome.

«Tant que de véritables engagements ne seront pas pris par la Coalition avenir Québec, le mouvement maintiendra l'escalade de ses moyens de pression», ont-ils averti.

Caroline Plante, La Presse Canadienne