Des libéraux défendent Carney à la lumière d'insatisfactions rapportées par le «Star»
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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Une brochette de députés libéraux a défendu, jeudi, le type de leadership de Mark Carney, après que le «Toronto Star» eut rapporté que des membres de leur caucus considèrent que le premier ministre centralise le pouvoir entre ses mains et enlève à ses élus leur mot à dire sur la feuille de route du gouvernement et la façon dont elle se concrétise.
Ces révélations émanent de députés libéraux qui se sont confiés au quotidien sous le couvert de l'anonymat pour éviter des représailles, l'un allant même jusqu'à dire que M. Carney «crie» et «rabaisse tout le temps le caucus». Toutes ces sources partagent le sentiment, a dépeint le «Toronto Star», que M. Carney ne s'intéresse pas à ce qu'ils ont à exprimer, notamment les critiques entendues dans leurs circonscriptions.
Il est assez rare, en politique, qu'un député se risque à critiquer publiquement la façon dont son chef mène la barque.
À micro ouvert, les élus libéraux interceptés alors qu'ils se rendaient à la période des questions ont fait valoir que les critiques à l'endroit de M. Carney étaient non fondées.
«J'apprécie son style de gestion», a dit le ministre de l'Identité canadienne, Marc Miller, après avoir qualifié de «potins» les informations rapportées par le «Toronto Star».
M. Miller a tenu à rappeler qu'il est plutôt récent qu'il siège au conseil des ministres sous la houlette du successeur de Justin Trudeau.
«J'ai été simple député aussi (...) donc c’est dans les deux bords que j’apprécie son style de gestion», a ajouté le député de Montréal.
Son collègue Sean Casey, représentant une circonscription de l'Île-du-Prince-Édouard, a qualifié d'«absolument faux» que le premier ministre puisse avoir tendance à hausser le ton et puisse avoir une aversion à ce que les membres de son caucus partagent leurs inquiétudes.
«Il y a de la place pour toute voix dans le caucus et ça a été démontré à maintes reprises sous le leadership de M. Carney.»
Appelé à s'exprimer sur la gestion du caucus, M. Casey l'a décrite comme celle d'un homme «confiant» qui n'accepte pas d'entendre de la «foutaise» («no bullshit kind of person»), mais qui demeure tout de même chaleureux.
M. Casey a noté ne pas avoir lu l'article du «Toronto Star», mais a affirmé que les éléments qui lui ont été résumés par les journalistes le questionnant ne cadraient pas avec son expérience ou ce qu'il a pu voir et entendre.
L'élu de Winnipeg et médecin Doug Eyolfson a dit avoir eu «un désaccord» avec le premier ministre quand il a été invité à commenter un échange cité en exemple par le quotidien. L'interaction aurait été tendue et aurait porté sur ses inquiétudes d'un système de santé à deux vitesses en Alberta.
«J'ai une très bonne relation avec M. Carney, a-t-il assuré. Je suis content que nous puissions être en désaccord et tout de même avoir une bonne relation.»
Le premier ministre lui-même n'était pas sur la colline du Parlement, jeudi, et les journalistes parlementaires ne l'ont donc pas questionné sur le sujet. Ni M. Carney ni son bureau n'ont réagi proactivement aux révélations du «Toronto Star».
Les propos rapportés par le quotidien n'ont pas été corroborés par La Presse Canadienne.
Quoi qu'il en soit, la centralisation a maintes fois été reprochée au prédécesseur de M. Carney, Justin Trudeau, ainsi que son entourage.
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne