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Eby rejette les allégations d'une enquête sur l'ingérence étrangère dans son cabinet

durée 19h38
5 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VICTORIA — Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, affirme que ni la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ni le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) n'ont jamais évoqué de réserves concernant son cabinet ou son groupe parlementaire.

Ces propos surviennent après que l'ancien maire de Vancouver eut déclaré qu'un ministre faisait l'objet d'une enquête pour collaboration avec le gouvernement chinois.

M. Eby a déclaré mardi qu'il avait «eu de nombreuses réunions avec le SCRS et la GRC» et qu'aucune de ces instances n'avait fait état de préoccupations concernant un membre du gouvernement, et s'il y en avait eu, il aurait écarté cette personne du cabinet.

Le premier ministre a répondu lors de la période de questions après avoir été interrogé sur les propos tenus lundi par Kennedy Stewart, selon lesquels des avocats fédéraux l’avaient interrogé au sujet d’un ministre du gouvernement de la Colombie-Britannique qui, selon lui, faisait l’objet d’une enquête.

M. Stewart, qui a été maire de Vancouver de 2018 à 2022, a dit à l'émission de Jas Johal sur CKNW que M. Eby et d'autres membres du cabinet étaient au courant de l'enquête.

L'ancien maire, qui a également été député du Nouveau Parti démocratique fédéral pendant sept ans, n'a pas nommé le ministre qui, selon lui, faisait l'objet d'une enquête.

Il a toutefois affirmé avoir immédiatement alerté les responsables gouvernementaux dès qu’il a confirmé son identité à l’issue de son entretien avec les avocats fédéraux.

Il a déclaré s'être assuré que l'information parvienne «au sommet de la hiérarchie», mais que rien ne s'était passé depuis.

M. Stewart, qui n’a pas pu être joint immédiatement pour commenter davantage, a soutenu que l’ingérence chinoise dans la politique canadienne était devenue un «problème grave tant au niveau municipal qu’au niveau du gouvernement provincial».

Il a dit qu’il prenait un risque en parlant de l’enquête, car il avait signé un accord de confidentialité, sans toutefois préciser avec qui.

«La raison pour laquelle vous n’entendez pas parler de ce genre de choses, c’est parce que les gens ont peur d’être poursuivis en justice», a-t-il fait valoir.

La GRC a déclaré dans un communiqué qu’elle «ne confirme l’identité d’aucune personne, entreprise ou entité susceptible de faire l’objet d’une enquête tant que des accusations n’ont pas été portées».

Le leader du gouvernement à l'Assemblée législative, Mike Farnworth, a qualifié de «tout à fait ridicules» les questions visant à savoir si un ministre faisait l’objet d’une enquête pour collaboration avec la Chine.

M. Farnworth a affirmé que «si un membre du cabinet ou du caucus faisait l’objet d’une enquête de la GRC ou du SCRS, il ne ferait pas partie du cabinet et ne siégerait pas au caucus».

M. Stewart avait déjà fait part de ses inquiétudes concernant l’ingérence chinoise dans la politique municipale, tandis que le maire Ken Sim, qui a battu M. Stewart en 2022, a rejeté les «insinuations» selon lesquelles il aurait bénéficié d’une telle ingérence.

Un article du «Globe and Mail» indiquait à l’époque que les responsables canadiens craignaient que le consulat chinois à Vancouver ne se soit ingéré dans les élections municipales.

M. Stewart était interviewé lundi sur CKNW au sujet d’un article selon lequel des fonctionnaires du consulat chinois auraient tenté de convaincre les responsables municipaux d’annuler les représentations de danse de Shen Yun au Queen Elizabeth Theatre, géré par la ville, le mois dernier. Ce spectacle est lié au Falun Gong, un mouvement spirituel interdit par le gouvernement chinois.

Un communiqué de la Ville de Vancouver a confirmé mardi qu’un membre du personnel avait rencontré des représentants du consulat chinois début avril. «Au cours de cette réunion, divers sujets culturels ont été abordés, y compris la production Shen Yun», indiquait le document, à propos de la réunion rapportée pour la première fois par Global News.

Le communiqué précise que les théâtres municipaux de Vancouver «ne censurent ni ne limitent la liberté d’expression légale au sein de leurs salles».

Le mois dernier, le Four Seasons Centre for the Performing Arts de Toronto a annulé un spectacle de Shen Yun après avoir reçu des menaces à la bombe.

Wolfgang Depner, La Presse Canadienne