Nous joindre
National

Élections en C.-B.: Eby fustige la privatisation du système de santé à l'américaine

Élections en C.-B.: Eby fustige la privatisation du système de santé à l'américaine
Photo: La Presse Canadienne, 2026

DELTA — David Eby, chef du NPD de la Colombie-Britannique, s'en est pris au premier ministre de la province voisine lors de sa campagne électorale de ce mois-ci, promettant de ne pas mettre en œuvre ce qu'il a décrit comme une «privatisation à l'américaine» du système de santé.

Lundi, à Delta, M. Eby a déclaré à un groupe de partisans qui lui posaient des questions que le gouvernement du Parti conservateur uni de l’Alberta avait fait des promesses vagues concernant la protection du système de santé publique, mais qu’il était désormais en train de mettre en place un système dans lequel les médecins peuvent facturer aux familles des interventions chirurgicales médicalement nécessaires.

M. Eby affirme que les conservateurs de la Colombie-Britannique prônent la même chose, mais ces derniers rétorquent qu’ils s’engagent à «préserver le caractère universel et le financement public du système de la Colombie-Britannique» et accusent M. Eby de «recourir à une rhétorique alarmiste éculée sur les soins de santé».

Sur une scène entourée de partisans et avec en toile de fond un grand drapeau canadien, M. Eby a signé ce que son parti appelle sa «garantie des soins de santé publique», qui promet de protéger le système contre toute modification qui ferait payer aux patients les soins nécessaires, permettrait aux gens de payer pour passer devant les autres dans la file d’attente ou entraînerait un retrait de personnel du système de santé publique.

Le gouvernement conservateur-uni de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a adopté une loi à la fin de l’année dernière pour permettre aux médecins d’exercer simultanément dans les secteurs privé et public.

Les opposants à cette mesure avancent que cette loi a semé la confusion autour du projet de système de santé national et rapproche l’Alberta d’un modèle de santé à deux vitesses, à l’américaine.

«Nous avons vu la stratégie des conservateurs à l’œuvre. Ils prétendent que le système de santé est à l’abri pour obtenir vos voix. Puis, dès qu’ils accèdent au pouvoir, ils le démantèlent à des fins lucratives, a soutenu M. Eby dans un communiqué. La même chose se produirait ici sous la direction de (Lorne) Doerkson, le chef par intérim, et des conservateurs de la Colombie-Britannique.»

Eby accusé de mener une campagne de peur

Les conservateurs ont rétorqué que M. Doerkson s’était déjà engagé à protéger le financement des soins de santé et ont souligné que «les Britanno-Colombiens n’auront jamais besoin de rien d’autre que de leur carte de santé».

Ils ont affirmé que M. Eby tentait d’empêcher les gens de se pencher sur son bilan, qui comprend la fermeture de services d’urgence et plus d’un million de Britanno-Colombiens privés de médecin de famille.

«David Eby est de plus en plus désespéré, nous nous attendons donc tout à fait à ce qu’il recoure à la campagne de peur habituelle du NPD. Il mène une campagne fondée sur la peur parce qu’il ne peut pas se présenter sur la base de son bilan», indique leur communiqué.

«Un gouvernement dirigé par le Parti conservateur de Colombie-Britannique maintiendra les services d’urgence ouverts, recrutera les médecins et les infirmiers dont cette province a besoin, et protégera le système de santé publique sur lequel comptent les Britanno-Colombiens.»

M. Eby a expliqué à la foule que le modèle albertain consistait à détourner des médecins du système public vers le secteur privé, qualifiant cette pratique d’«anti-canadienne», car elle oblige les gens à payer pour des prestations qui étaient auparavant prises en charge par le système de santé publique.

Le bureau de Mme Smith n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Son gouvernement a défendu cette mesure à plusieurs reprises, affirmant que l'état actuel des choses ne répondait pas aux besoins des Albertains et que le gouvernement souhaite offrir davantage d’options. La province a également déclaré qu’elle estimait que ce modèle attirerait davantage de médecins en Alberta.

Mme Smith a également déclaré que cette mesure n’enfreignait pas la Loi canadienne sur la santé et qu’elle s’attendait à ce qu’Ottawa respecte la compétence de la province en matière de soins de santé.

Les soins de santé sont devenus un enjeu central à l’approche des élections du 24 octobre, et le NPD de la Colombie-Britannique a laissé entendre que les promesses des conservateurs, sous la houlette de M. Doerkson, de réduire les impôts – sans fournir de détails sur la manière dont ces baisses seront financées – mettent en péril le financement des soins de santé.

Les néo-démocrates de M. Eby, quant à eux, font campagne en promettant de créer une nouvelle tranche d’imposition pour les personnes gagnant plus d’un million de dollars et d’augmenter les deux tranches d’imposition les plus élevées existantes afin de financer les coûts des soins de santé.

Les conservateurs affirment que le projet du NPD visant à augmenter les impôts fera fuir les médecins.

Le programme des conservateurs en matière de santé comprend la promesse d’un fonds d’urgence de 50 millions $ destiné à empêcher la fermeture des cabinets médicaux en milieu rural et à faciliter le recrutement.

M. Doerkson a également promis de mettre en place un groupe d’experts chargé d’étudier les systèmes de santé financés par les pouvoirs publics à travers le monde, dans le but de réduire les délais d’attente et de maintenir ouverts les services d’urgence et les maternités.

— Avec des informations fournies par Fakiha Baig à Edmonton

La Presse Canadienne