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Inondation du Saguenay: «Quand j’y repense 30 ans plus tard, j'ai de la peine»

durée 15h29
20 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Trente ans après que l'inondation du Saguenay l'ait contrainte à fuir son domicile avec ses trois jeunes enfants, France Roy affirme que ces souvenirs sont toujours très vifs.

«C’est un souvenir qui reste gravé dans ma mémoire, a raconté lundi Mme Roy depuis son domicile à Chicoutimi. Quand j’y repense 30 ans plus tard, j'ai de la peine.»

Elle vivait dans le secteur rural de La Baie, près de Rivière-à-Mars, lorsque des pluies torrentielles, tombées entre le 19 et le 21 juillet 1996, ont provoqué l’une des pires catastrophes naturelles du Québec.

Elle fait partie des 14 000 personnes qui ont dû quitter leur domicile dans la région du Saguenay. Plus de 155 mm de pluie sont tombés dans certaines zones en seulement 24 heures, transformant les rivières en torrents dévastateurs qui ont emporté des maisons, des routes et des ponts.

«J’ai vu la rivière monter dans notre entrée, s'est souvenue Mme Roy. L’eau était tellement bruyante, la rivière faisait tellement de bruit.»

Mme Roy raconte que sa sœur s’est précipitée pour l’avertir que la rivière était sur le point de déborder. Seule avec ses trois enfants, tous âgés de moins de sept ans à l’époque, elle a regardé le niveau de l’eau monter jusqu’à ce qu’un voisin les aide à s’échapper à bord de son autocaravane.

«On a dû emprunter de vieux sentiers, a-t-elle dit. C’était terrifiant.»

Lorsque les eaux se sont retirées, son sous-sol était inondé d’environ quatre pieds d’eau. La famille a passé trois semaines loin de chez elle avant de pouvoir rentrer.

Dix personnes ont perdu la vie lors de cette inondation. Des centaines de maisons ont été détruites, des routes et des ponts ont été emportés, et plusieurs localités se sont retrouvées temporairement coupées du reste de la province.

La Croix-Rouge canadienne a indiqué que 18 000 personnes avaient finalement reçu une aide à la suite de cette catastrophe. Le coût économique total a ensuite été estimé à près d’un milliard de dollars et a donné lieu à des années de reconstruction, notamment la construction de nouveaux réservoirs, la modernisation de barrages et la mise en place d’autres mesures de lutte contre les inondations.

Pour Mme Roy, cependant, les séquelles ont été d’ordre émotionnel.

«Le stress que ça m’a causé (…) m’a vraiment affectée, a-t-elle raconté. Pendant des années, à chaque fois que je voyais des nouvelles dans les journaux sur des inondations, ça me faisait pleurer.»

Elle se souvient encore d’avoir vu des maisons emportées et des arbres déracinés entraînés par le courant.

«C’était comme un film d’horreur, a-t-elle déclaré. On voyait des toits de maisons, d’énormes troncs d’arbres déracinés dans la rivière Saguenay (…) ça m’a vraiment bouleversée».

Une image de cette catastrophe est depuis devenue le symbole de la résilience de la région: une petite maison blanche à Chicoutimi, qui a survécu bien qu’entourée par les eaux déchaînées. La maison a ensuite été préservée pour servir de musée commémorant l’inondation.

Mme Roy a expliqué que sa visite au musée, des années plus tard, lui a rappelé non seulement les ravages causés par la catastrophe, mais aussi la solidarité qui s’est manifestée dans toute la région.

«Les gens se sont entraidés, a-t-elle dit. C’est ce qui m’a le plus marquée.»

Charlotte Glorieux, La Presse Canadienne