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Iran: le Canada ne peut «pas faire grand-chose» sur le plan militaire, dit un expert

durée 19h35
16 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le Canada peut répondre avec succès à l'appel lancé par le président Donald Trump aux alliés de l'OTAN pour qu'ils assurent la sécurité du détroit d'Ormuz sans pour autant être entraîné dans la guerre, a déclaré lundi le ministre de la Défense, David McGuinty.

Le président américain Donald Trump a averti dans une entrevue accordée au journal The Financial Times que cela «serait très mauvais» pour l'avenir de l'OTAN si les membres de l'alliance ne contribuaient pas à sécuriser le détroit.

Le détroit est un point d'étranglement stratégique et l'Iran recourt à des attaques militaires et à des menaces pour entraver les livraisons énergétiques mondiales qui passent par cette voie navigable vitale.

L'appel à s'impliquer dans le détroit d’Ormuz lancé par la Maison-Blanche à ses alliés «est un sujet que tous les membres de l’OTAN examinent», a indiqué M. McGuinty aux journalistes lundi lors d’une conférence de presse sans rapport avec ce sujet.

«Nous avons toujours réussi à trouver un moyen de gérer nos relations avec les États-Unis et nous saurons également trouver une issue à cette situation», a-t-il ajouté.

Le premier ministre Mark Carney et le premier ministre britannique Keir Starmer ont convenu, lors d’une réunion à Londres lundi, que la liberté de navigation devait être rétablie dans le détroit.

Ottawa exclut toute «intervention offensive» à quelque titre que ce soit dans la guerre que mènent les États-Unis contre l’Iran, a précisé M. McGuinty, bien que le gouvernement reste disposé à fournir une «assistance» aux pays du Moyen-Orient qui sollicitent l’aide du Canada.

«Aucune demande officielle n’a été adressée au Canada pour qu’il joue un rôle délibérément (…) offensif dans la conduite de cette guerre», a mentionné le ministre McGuinty.

«Nous laissons la porte ouverte pour, je pense, venir en aide à tout État voisin qui pourrait avoir besoin d’une telle assistance, mais nous ne participerons pas de manière offensive à cette guerre», a-t-il assuré.

Invoquant des «raisons opérationnelles», M. McGuinty n’a pas précisé quel type d’aide le Canada pourrait envisager.

Contribution limitée

Le directeur d’un groupe de réflexion canadien sur la défense a, quant à lui, estimé que le Canada ne pouvait «pas faire grand-chose» dans la région du golfe Persique pour protéger le détroit, même s’il le voulait.

Le président de l’Institut canadien des affaires mondiales, David Perry, a indiqué que les Forces armées canadiennes ne possédaient pas d’équipements adéquats pour intercepter les missiles et les drones iraniens et qu’on ne savait pas dans quelle mesure elles pourraient contribuer aux opérations de déminage.

«Je ne pense pas vraiment que le Canada ait grand-chose à offrir pour l’instant. Le problème, c’est que peu de pays en sont capables, ce qui serait probablement une bonne raison de réfléchir très attentivement à ce que les Israéliens et les Américains sont en train de mettre en place ici en premier lieu», a indiqué M. Perry.

«Nous sommes encore en train d’essayer de déployer une capacité très limitée en Lettonie pour faire face à cette situation. Le reste de l’armée canadienne ne dispose vraiment pas de moyens de défense significatifs contre cela», a-t-il souligné.

Alors que les hostilités font rage ailleurs au Moyen-Orient, le Canada s’est joint à ses homologues européens pour appeler Israël et le Hezbollah à apaiser les tensions et à s’engager «de manière significative» dans des pourparlers politiques.

L'ONU a rapporté que près de 700 000 personnes au Liban ont été déplacées par les hostilités qui ont éclaté après la guerre avec l'Iran. Israël et le Hezbollah s'accusent mutuellement d'être à l'origine des combats.

Des responsables israéliens et américains ont évoqué publiquement la possibilité pour Israël de prendre le contrôle d’une partie plus vaste du Moyen-Orient, par exemple au moyen d’une occupation à long terme du sud du Liban.

Dans une déclaration commune avec la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni — mais sans les partenaires du G7 que sont les États-Unis et le Japon —, le Canada a dénoncé le Hezbollah et Israël pour leurs attaques contre des civils et les forces des Nations unies.

«Une offensive terrestre israélienne de grande envergure aurait des conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait conduire à un conflit prolongé. Elle doit être évitée», a ajouté le groupe.

— Avec la contribution de Dylan Robertson

Kyle Duggan, La Presse Canadienne