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Itinérance: le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon endosse aussi l'idée de sommet

durée 14h14
22 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L’ex-première ministre Pauline Marois a poursuivi, lundi, son œuvre de mobilisation politique en rencontrant un quatrième chef de parti, le péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui lui a donné un appui sans réserve pour la tenue d’un sommet sur l’itinérance, après les élections d’octobre.

À l’issue de sa rencontre avec Mme Marois, qui était accompagnée de l’ex-députée Véronique Hivon, le chef péquiste a rappelé qu’il avait déjà promis de faire de la lutte à l’itinérance sa «priorité sociale numéro un» et de réduire de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance en quatre ans.

«Pour moi, c'est la première priorité parce que les chiffres sont indéfendables et le drame humain sous-jacent à ces chiffres-là est également indéfendable.»

Le logement d'abord

L’approche du Parti québécois est calquée sur celle de la Finlande ou de la ville texane de Houston, notamment, qui ont connu beaucoup de succès avec la philosophie «housing first» (le logement d’abord). «Vous pouvez offrir les services sociaux, mais si ce n'est pas sur le socle d'un logement, les problèmes d'itinérance et les problèmes de l'instabilité vont demeurer. Donc le principe ‘housing first’ c'est que la première intervention de l'État, c'est d'offrir un lieu, un toit dans lequel habiter et que les services sociaux sont agglomérés autour de ce logement-là, et non pas l'inverse», a expliqué M. St-Pierre Plamondon.

Une autre promesse que les milieux communautaires et le monde municipal lui rappelleront sans doute avec insistance, c’est d’y injecter de l’argent du niveau provincial. «Comme toute crise importante pour un État, si une inondation survient demain, évidemment que le gouvernement doit prendre la responsabilité de faire face à la crise. Ne pas intervenir à l'échelle du Québec revient à ne pas reconnaître que c'est une crise. Donc, ce ne sera pas traité comme une question d'intendance, mais ça va être traité comme une crise, ce que c’est. À 12 000 personnes dans la rue au Québec, c'est une crise et ça prend une implication du gouvernement du Québec.»

Ottawa devra hausser les transferts en santé

Quant à la contribution du fédéral, le chef du Parti québécois a l’intention de revenir à la charge et de redemander les 5 milliards $ qui lui manquent en matière de transferts en santé et en services sociaux. Le gouvernement caquiste de François Legault a réclamé en vain 6 milliards $, mais n’en a reçu qu’un d’Ottawa. «La CAQ avait même mis dans son budget le 6 milliards $, tellement ils étaient certains qu'un mandat fort leur permettrait d'obtenir cette victoire-là. Finalement, on a développé un manque à gagner de 5 milliards $ qui touche la santé et les services sociaux et qui donc par la bande touche l'itinérance.» Il rappelle au passage que toutes les provinces avaient utilisé le même calcul pour leurs demandes en santé, mais qu’Ottawa avait refusé de se plier à ces demandes.

Voilà pour la santé et les services sociaux, mais pour les infrastructures, c’est-à-dire la construction de logements pour répondre à l’impératif ‘housing first’, qu’espère-t-il d’Ottawa, qui a cessé de financer le logement social en 1993? «Les sommes qui nous reviennent du fédéral doivent faire l'objet d'une réflexion sur ce qu'il y a de plus urgent, et dans l'urgence des urgences, (c’est de) sortir les gens de la rue», martèle-t-il en invoquant à nouveau les milliards qu’Ottawa prévoit investir dans un train à grande vitesse entre Québec et Toronto, un projet auquel il continue de s’opposer et duquel il réclame la part du Québec du financement de ce projet dans lequel le Québec n’est pourtant pas partie prenante.

Début de consensus

À l’issue de la rencontre, Pauline Marois s’est montrée heureuse des appuis recueillis jusqu’à présent des quatre chefs de partis rencontrés. «Je pense que le constat est partagé, la volonté d'agir est là et la proposition que nous déposons, qui est d'ailleurs appuyée quand même par 30 personnalités – et je vous dirais les 10-15 autres et plus qui s'ajouteraient parce qu'on m'écrit et on me dit 'on aimerait bien vous appuyer'. C’est très bien reçu. Je suis très contente jusqu'à maintenant parce qu’il y a un véritable consensus qui est en train de se dégager.»

«On a augmenté de 20 % le nombre de personnes en itinérance, a-t-elle rappelé. Il y a 12 000 personnes identifiées, mais on sait qu'il y a aussi une itinérance cachée qui n'a pas été dénombrée. Alors, malgré la bonne foi, la bonne volonté, les plans d'action qui sont là, le résultat n'est pas au rendez-vous. C'est pour ça qu'il faut maintenant en faire une véritable priorité puis s'y attaquer d'une façon beaucoup plus systématique.»

Il ne reste plus à Mme Marois que de rencontrer la première ministre Christine Fréchette, avec qui la rencontre s’est avérée un peu plus difficile à organiser, mais celle-ci a finalement pu être fixée à la mi-juillet.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne