L'assemblée législative de Nouvelle-Écosse fermée au public après une manifestation

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Par La Presse Canadienne, 2026
HALIFAX — L'assemblée législative de la Nouvelle-Écosse a été fermée au public après que des manifestants eurent perturbé le vote sur le budget avec des chants, mardi soir.
Saf Haq raconte qu'elle et une quarantaine d'autres personnes se sont mises à chanter peu avant minuit, mardi, alors que l'Assemblée législative s'apprêtait à voter pour le projet de loi budgétaire, qui entraînerait une série de coupes dans les programmes gouvernementaux.
Mme Haq affirme qu'elle était présente parce qu'elle craint que les coupes prévues ne nuisent aux Néo-Écossais vulnérables et à la scène artistique et culturelle dynamique de la province.
«Je m'inquiète pour l'avenir de la Nouvelle-Écosse (…) J'adore les arts, mon partenaire est cinéaste (...) Je me soucie de la souveraineté autochtone et des droits des Afro-Néo-Écossais, et je suis furieuse de la manière dont ce gouvernement mène ce processus budgétaire», a-t-elle soutenu.
La chanson des manifestants disait aux législateurs qu'il était «normal de changer d'avis» et les encourageait à «montrer leur courage».
Plusieurs autres manifestations ont été organisées pour contester le budget de février, qui prévoit des coupes dans les programmes consacrés aux arts et à la culture, aux musées et au tourisme, ainsi qu’aux communautés mi’kmaq et afro-néo-écossaises.
Mme Haq relate qu’après environ 15 minutes de chant, le président a ajourné la séance et le vote n’a pas eu lieu.
«Nous avons tous chanté cette chanson que nous connaissons tous, car nous étions tous présents aux rassemblements où nous l’avons apprise ensemble. Le chant est un outil de résistance incroyable, car il est vraiment difficile d’arrêter quelqu’un qui ne fait que chanter», a déclaré Mme Haq lors d’une entrevue, mercredi.
Le bureau du président a affirmé qu'à la lumière des manifestations chantées de mardi et des «autres incidents de sécurité survenus tout au long de cette session», l'assemblée législative serait fermée aux visiteurs pour le reste de la semaine. Elle restera ouverte aux médias, aux intervenants prévus, aux élus et au personnel. La fermeture sera réexaminée à la fin de la semaine, a indiqué mercredi le bureau du président.
Mme Haq a qualifié cette fermeture de «lâche» et a déclaré que les préoccupations budgétaires des manifestants devaient être entendues par leurs représentants élus.
«Je pense que cette fermeture illustre encore davantage le chaos qui règne au sein de ce gouvernement (…) les gens sont en colère et méritent d’être entendus», a-t-elle souligné.
Critiques de l'opposition
La cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD) Claudia Chender a vivement critiqué la décision du gouvernement de voter la loi sur les crédits, qui autorise les dépenses publiques prévues dans le nouveau budget, tard dans la nuit alors que le premier ministre est absent.
Tim Houston participe à une conférence sur l'énergie au Texas qui a commencé lundi, et son retour est prévu jeudi.
«Quelle parodie! On a un budget tellement impopulaire qu’il doit être soumis à un vote à minuit, et le premier ministre n’est même pas dans la salle», a lancé Mme Chender aux journalistes mercredi.
«Ce que nous avons vu hier soir, c’est ce qui arrive lorsqu’un gouvernement refuse véritablement de dialoguer avec les citoyens qu’il représente», a-t-elle ajouté.
Selon le chef libéral par intérim, Iain Rankin, ce vote prévu tard dans la nuit indique que le gouvernement n’est pas fier de ce budget.
«En essayant de faire adopter un budget sans la présence du premier ministre, au milieu de la nuit, ils ne veulent pas que les Néo-Écossais voient ce qu’ils font. Et cela s’est retourné contre eux», a-t-il relevé, faisant référence à la manifestation chantée depuis la tribune.
«Le seul point positif: le vote n’a pas passé. Nous allons continuer à faire pression pour que l’ensemble du gouvernement soit présent afin de défendre le budget, en particulier celui qui a pris la décision d'effectuer des coupes aussi draconiennes», a soutenu M. Rankin.
Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne