L'Assemblée nationale condamne les propos misogynes dirigés envers une policière

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Les élus de l'Assemblée nationale ont unanimement voté deux motions coup sur coup mardi condamnant les propos misogynes dirigés envers une policière dans l'exercice de ses fonctions.
Une vidéo a refait surface sur le web dans les derniers jours montrant une policière de Montréal se faire copieusement insulter par un automobiliste qu'elle venait d'arrêter. Elle est restée impassible, n'ayant aucun moyen légal de faire taire l'individu.
Contrairement à ce qu'on peut voir à Longueuil, à Laval et à Québec, il n'y a aucun règlement à Montréal qui interdit d'insulter des policiers dans l'exercice de leurs fonctions.
Dans une motion qu'il a fait adopter mardi, le député caquiste Mathieu Lévesque rappelle que «l'égalité entre les femmes et les hommes constitue un principe fondamental, non négociable, de la société québécoise».
Le texte «encourage les municipalités à adopter un cadre réglementaire interdisant de tels gestes à l'endroit des policiers du Québec», tout en réitérant un «appui indéfectible à l'ensemble des forces de l'ordre œuvrant sur le territoire québécois».
Une deuxième motion, présentée par le député péquiste Joël Arseneau et votée elle aussi à l'unanimité, rappelle «le caractère inacceptable et condamnable d'insulter et d'injurier les membres des forces policières et des forces de l'ordre en fonction».
La motion invitait l'Assemblée nationale à «se prononcer en faveur d'infractions et d'amendes pour les individus fautifs» et à réclamer la mise en place des «mesures législatives nécessaires pour interdire d'injurier ou d'insulter les policiers».
Avant les votes en Chambre, M. Arseneau avait plaidé que l'événement de Montréal n'était pas «anecdotique». «En fait, c'est une situation qui (...) se reproduit de plus en plus souvent», a-t-il affirmé.
Plus tard, le chef conservateur Éric Duhaime a dénoncé les «gestes disgracieux» envers les policiers, déclarant: «Pensez-vous vraiment qu'aux États-Unis, si quelqu'un avait injurié un policier comme ça, il aurait eu le même traitement que cet individu-là a eu?
«Pensez-vous qu'après, l'individu serait allé se vanter sur les réseaux sociaux de ce qu'il venait de faire à la policière? Jamais ça n'aurait été même toléré. (...) J'espère qu'on va revenir à une ligne un peu plus dure. La loi et l'ordre, c'est important.»
Caroline Plante, La Presse Canadienne