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L'audience concernant le décès de Myles Gray est reportée à l'automne

durée 21h33
1 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — L'audience publique tant attendue concernant le décès de Myles Gray, survenu en 2015 et impliquant des policiers, est à nouveau reportée afin de laisser à l'un des sept agents de Vancouver faisant l'objet d'une enquête le temps de trouver un nouvel avocat.

La récente nomination de l'avocat Scott Wright au poste de juge à la Cour provinciale de la Colombie-Britannique signifie qu'il ne peut plus représenter l'agent Nick Thompson lors de l'audience, qui a débuté en janvier, mais a connu des reports à plusieurs reprises.

La juge Elizabeth Arnold-Bailey a fait savoir que ce report à l'automne était regrettable.

«L'un de mes objectifs personnels était de mener cette affaire à bien en une période de dix semaines à compter du 19 janvier, et j'étais très déterminée à ce que cela se réalise, mais malheureusement, nous avons été contrariés à deux reprises par des événements indépendants de notre volonté», a-t-elle déclaré vendredi.

«Il est tout à fait dans l’intérêt public que cette affaire soit conclue. Le mot "vieux" est loin de suffire pour la décrire», a-t-elle ajouté.

L'audience avait déjà été reportée de plusieurs semaines lorsqu'un micro ouvert avait capté quelqu'un murmurant un mot obscène, ce qui avait conduit à la démission de l'avocat chargé de l'audience, Brad Hickford. Il a été remplacé par l'avocat Brock Martland.

L'audience a été demandée par la famille de M. Gray et vise à déterminer si les agents de Vancouver ont commis des fautes professionnelles lors de leur intervention violente contre cet homme de 33 ans, décédé le 13 août 2015 des suites de blessures comprenant une fracture de l'orbite, un écrasement du larynx et une rupture des testicules.

La mère de l’homme, Margaret Gray, a publié une déclaration avant le début de l’audience en janvier, affirmant qu’elle souhaitait que la vérité sur ce qui était arrivé à son fils soit révélée.

«Je veux la vérité, toute la vérité, publiquement et sans protection institutionnelle, indiquait la déclaration du 16 janvier. Cette enquête porte sur la manière dont mon fils est mort, sur les raisons pour lesquelles la responsabilité n'a pas été assumée, et sur ce qui doit changer pour qu'aucune autre famille n'ait à vivre cela.»

La mort de M. Gray a été qualifiée d’homicide lors d’une enquête du coroner en 2023, mais une procédure disciplinaire de la police a conclu que les sept agents n’avaient pas commis de faute. Aucune accusation n’a été portée dans le cadre de la mort de M. Gray.

Les six autres agents dont les agissements font l'objet d'une enquête sont les agents Kory Folkestad, Derek Cain, Josh Wong, Eric Birzneck, Beau Spencer et Hardeep Sahota.

La question de savoir si l’avocat de M. Wong, Kevin Westell, pouvait représenter à la fois MM. Wong et Thompson a été soulevée lors d’une audience mercredi.

Mais Me Westell a déclaré vendredi que M. Thompson avait décidé qu'il valait mieux faire appel à son propre avocat, indépendant. Me Westell a ajouté que lui-même et M. Wong avaient approuvé cette décision.

M. Thompson s'est ensuite adressé directement à la juge pour confirmer que telle était bien sa volonté.

«Personne ne souhaite que cela arrive (mais) nous estimons désormais que c'est notre seule option», a déclaré Me Westell à propos du report.

L'avocat a noté que M. Thompson s'efforce activement de trouver un nouvel avocat dès que possible, mais a précisé que la personne engagée aura également besoin de suffisamment de temps pour «se mettre raisonnablement au courant et être prête à reprendre l'affaire là où elle en est».

Vendredi, lors de l’audience, Me Martland a indiqué qu’il reconnaissait que les circonstances étaient «manifestement regrettables et loin d’être optimales».

«Mais l’importance pour l’agent Thompson d’avoir un avocat à ses côtés relève clairement de l’équité procédurale. C’est vital», a-t-il précisé.

«Je tiens également à souligner que tout cela n’est évidemment pas de son fait ni par choix. Cela ne joue pas en sa défaveur. Il se trouve dans une situation très difficile à la suite des événements de cette semaine», a-t-il ajouté.

Chris Considine, avocat du commissaire aux plaintes contre la police, a mentionné qu’il prévoyait d’avoir besoin d’environ 15 jours pour présenter les preuves et de trois jours pour les plaidoiries.

«Compte tenu de la Coupe du monde de soccer et des circonstances générales, il semble que l’automne sera probablement le moment le plus propice pour traiter cette affaire», a-t-il avancé, faisant référence aux matchs de la Coupe du monde qui se déroulent non loin du lieu des audiences de la commission, dans le centre-ville de Vancouver.

M. Considine a indiqué qu’il avait communiqué aux avocats des dates possibles pour septembre, octobre, novembre et décembre après avoir confirmé la disponibilité des locaux.

Bien qu’aucune date précise n’ait été mentionnée ou confirmée lors de l’audience de vendredi, Mme Arnold-Bailey a indiqué qu’elle ne serait disponible qu’à partir de fin septembre au plus tôt.

Brieanna Charlebois, La Presse Canadienne