Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

L'Ontario devrait se réjouir de l'accord sur les véhicules électriques, selon Carney

durée 13h48
18 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney juge que l'accord avec la Chine sur les véhicules électriques constitue une «occasion» pour l'Ontario et les travailleurs de l'automobile, malgré les critiques formulées à l'encontre de cette entente par le premier ministre Doug Ford et le syndicat représentant les travailleurs canadiens de l'automobile.

S'exprimant à Doha, au Qatar, M. Carney a déclaré que des entreprises chinoises étaient intéressées par la production de véhicules électriques abordables au Canada.

«Nous avons eu des conversations directes avec des entreprises chinoises, qui ont manifesté un intérêt et une intention explicites de s'associer avec des entreprises canadiennes, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse dimanche. Nous verrons ce qu'il en ressortira. C'est une occasion pour l'Ontario. C'est une occasion pour les travailleurs ontariens et pour le Canada, menée de manière contrôlée avec un démarrage modeste.»

Le premier ministre n'a toutefois pas identifié les entreprises avec lesquelles les responsables canadiens ont été en contact.

M. Carney et le président chinois Xi Jinping ont signé vendredi un accord qui permettra au Canada d'importer des véhicules électriques chinois à un taux tarifaire de 6,1 %.

L'accord prévoit un quota annuel d'importation pouvant atteindre 49 000 véhicules électriques chinois d'ici 2030, dont 50 % devront avoir un prix d'importation inférieur à 35 000 $.

Le Canada s'est joint aux États-Unis pour imposer des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois en 2024, accusant la Chine de subventions déloyales et de dumping sur le marché nord-américain.

M. Ford a indiqué vendredi sur les réseaux sociaux que cet accord risquait d'inonder le marché de véhicules électriques chinois bon marché sans garantie d'investissements canadiens.

«Pire encore, en abaissant les droits de douane sur les véhicules électriques chinois, cet accord déséquilibré risque de fermer la porte du marché américain, notre plus grande destination d'exportation, aux constructeurs automobiles canadiens, ce qui nuirait à notre économie et entraînerait des pertes d'emplois», a avancé M. Ford.

Lana Payne, présidente d'Unifor, a soutenu dans un communiqué de presse que cet accord était une «blessure auto-infligée» à une industrie automobile canadienne déjà en difficulté. Elle a affirmé que le Royaume-Uni et le Brésil savent qu'une fois que la Chine est autorisée à entrer sur un marché automobile, elle s'empare rapidement de parts de marché.

M. Carney a décrit cet accord comme une phase d'essai pour l'entrée sur le marché et a déclaré que le Canada souhaitait être compétitif sur le marché automobile de demain.

«Nous ne voulons pas être concurrentiels sur le marché de 2000 ou de 2010, nous voulons être compétitifs à l'avenir. C'est ce qui permettra aux Ontariens d'obtenir de bons emplois à l'avenir», a affirmé M. Carney dimanche.

Le premier ministre a précisé que toute production automobile chinoise au Canada devra respecter les normes du travail en vigueur au pays.

En échange de la réduction des droits de douane sur les automobiles, la Chine prévoit de réduire ses droits de douane sur les graines de canola de 84 % à 15 % le 1er mars et de supprimer ceux sur la farine de canola, le homard, le crabe et les pois au moins jusqu'à la fin de l'année.

Toutefois, il n'a pas été question de l'huile de canola, qui est soumise à des droits de douane de 100 %, et aucun changement n'a été apporté aux droits de douane de 25 % sur le porc canadien.

Le secteur automobile canadien a ressenti les effets des droits de douane américains. Le président Donald Trump a clamé que les États-Unis n'avaient pas besoin des voitures fabriquées au Canada.

Cependant, M. Trump a félicité M. Carney pour avoir conclu un accord avec la Chine.

«C'est ce qu'il doit faire. C'est une bonne chose pour lui de signer un accord commercial. Si vous pouvez conclure un accord avec la Chine, vous devez le faire», a déclaré le président Trump vendredi.

David Baxter, La Presse Canadienne