L'UMQ et plusieurs organisations réclament des mesures d'urgence en immigration

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Un front commun formé notamment de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), de syndicats et de gens d'affaires réclament des mesures urgentes en immigration, en lien notamment avec la fin controversée du Programme de l'expérience québécoise (PEQ).
En conférence de presse vendredi matin, une trentaine d'organisations ont formulé des demandes à Québec et Ottawa, arguant que «le Québec ne peut pas se priver des personnes immigrantes déjà bien établies sur son territoire».
Au gouvernement Legault, ils réitèrent leur demande d'une clause de droits acquis sur le PEQ, et qu'elle soit mise en place «dès maintenant».
Ils exigent aussi d'Ottawa de renouveler des permis temporaires de personnes déjà au Québec.
La pression s’intensifie sur le gouvernement caquiste depuis l’abolition en novembre du PEQ, conçu comme une voie rapide pour obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ) et la résidence permanente pour les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants étrangers diplômés du Québec.
Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui le remplace, a été critiqué de toutes parts.
On craint que le Québec perde des milliers de travailleurs étrangers dont le permis de travail fédéral viendrait à échéance avant même qu’ils n’obtiennent leur invitation à postuler en vertu du PSTQ.
La candidate à la direction de la CAQ Christine Fréchette s’est engagée à accorder une clause de droits acquis – appelée aussi clause grand-père – aux travailleurs et étudiants étrangers qui étaient déjà sur le territoire au moment de la fermeture du PEQ. Ils pourraient donc postuler selon les anciennes règles.
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a même évoqué des «scénarios de transition» pour un prochain premier ministre et pour «apaiser le climat».
Le Parti québécois (PQ) propose aussi une clause grand-père aux travailleurs temporaires issus de l’immigration sélectionnés par le gouvernement du Québec, soit environ 40 000 travailleurs temporaires.
Mais le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé dans un débat avec les élus municipaux plus tôt cette semaine en leur demandant de préciser leurs revendications, à savoir qui devrait être admissible à la clause de droits acquis.
De son côté, François Legault avait laissé entendre que si le PEQ était rétabli, 350 000 travailleurs étrangers temporaires actuellement sur le territoire québécois pourraient être admissibles à une clause de droits acquis.
M. St-Pierre Plamondon a même avancé que si on offre une clause de droits acquis élargie, pas moins de 600 000 personnes pourraient déposer leur candidature au PEQ et obtenir la résidence permanente.
Québec solidaire (QS) a pour sa part dénoncé ces estimations, jugées exagérées.
Dans une motion déposée jeudi, le député Guillaume Cliche-Rivard, de QS, a indiqué que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) avait permis la sélection de 5915 personnes en 2022, 9313 en 2023, 20 201 en 2024 et 18 532 au 31 octobre 2025.
Patrice Bergeron, La Presse Canadienne