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Le Bloc veut que la vérificatrice générale enquête sur les dépenses de Mary Simon

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16 juin 2022
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Par La Presse Canadienne, 2022

OTTAWA — Le Bloc québécois veut que la vérificatrice générale considère sérieusement d'examiner les dépenses encourues par la gouverneure générale, Mary Simon, après qu'il a été révélé que son récent voyage au Moyen-Orient s'est accompagné d'une imposante facture en services de traiteurs.

Les bloquistes ont présenté jeudi une motion en ce sens devant le comité des comptes publics. Le but est qu'une lettre soit envoyée à la vérificatrice générale, Karen Hogan, «afin de lui recommander fortement de mener une enquête sur les dépenses et les frais engagés par la gouverneure générale du Canada, à même les fonds publics, dans le cadre de ses fonctions de représentante du Canada au pays et à l’étranger depuis sa nomination», peut-on lire dans le texte soumis.

La motion, présentée en même temps qu'une demande déjà formulée publiquement d'assigner à comparaître Mme Simon, devrait être débattue par les membres du comité mardi prochain.

Le ministère de la Défense, qui a indiqué initialement que les coûts en services de traiteurs ont atteint 93 117, 89 $, a signalé à La Presse Canadienne que ce montant a été revu à 80 367,19 $ après une compilation plus complète des factures.

«(Cela) inclut trois soupers, trois déjeuners, deux dîners et des collations variées pour 29 passagers, en plus de 17 membres d'équipage», a précisé le ministère qui avait, dans un premier temps, répondu à la question au feuilleton d'un député conservateur.

Ces services de traiteurs ont été offerts à bord de plusieurs vols entre le 16 et 24 mars dernier. Les trajets à bord de l'Airbus CC-150 Polaris de l'Aviation royale canadienne ont notamment permis à la gouverneure générale de se rendre à l'exposition universelle qui a eu lieu à Dubaï, aux Émirats arabes unis.

La révision des frais par le ministère de la Défense ne change en rien la position des bloquistes, qui estiment que les nouveaux détails soulèvent encore plus de questions.

Leur leader parlementaire, Alain Therrien, a par exemple dit vouloir savoir, en présentant la motion en comité, qui étaient «les invités» de Mme Simon et pourquoi ces dépenses ont été encourues.

«On sait que quand elle va à l’étranger, ce n’est pas du travail extrêmement intensif de sa part. On le sait, elle fait plutôt des ‘’coucous’’», a-t-il dit.

Comme l'a affirmé Rideau Hall mercredi, le ministère de la Défense a confirmé que le bureau de Mme Simon n'est pas impliqué dans des «décisions pouvant avoir un impact sur les coûts de traiteur» lorsque son équipe et elle utilisent l'appareil de l'Aviation royale canadienne.

«Bien que nous nous efforcions de minimiser les coûts de repas en tout temps, les services de traiteur ne sont disponibles qu'auprès de fournisseurs désignés par différents aéroports et autorités locales, en fonction de coûts fixés par les vendeurs», a soutenu le ministère dans une déclaration écrite, ajoutant que le taux de change entre aussi en ligne de compte.

Peu importe qui prend la décision des coûts, M. Therrien maintient qu'il veut que la lumière soit faite. «Celui qui a à payer pour tout ça, c’est le contribuable québécois et canadien qui travaille (déjà) assez fort. (…) On devrait être respectueux à leur égard.»

Le député conservateur à l'origine de la question au feuilleton ayant permis de connaître l'existence de ces dépenses, Michael Barrett, a eu des critiques similaires durant la période des questions.

«Les Canadiens peinent à joindre les deux bouts. Ils voient le prix de tout monter en flèche (...) pendant que des représentants libéraux font la vie de ''jet set'' à travers le monde», a-t-il lancé.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a répliqué que les conservateurs devraient se rafraîchir la mémoire sur leur propre passé.

«Une délégation de Stephen Harper a pris 348 bouteilles(d'alcool) quand elle se dirigeait en Afrique du Sud en 2013», a-t-elle dit.

Cette remarquea aussitôt suscité un chahut entre banquettes conservatrices et libérales. Le président de la Chambre, Anthony Rota, a dû hausser le ton pour rappeler les députés à l'ordre.

L'information voulant qu'une telle quantité de bouteilles de vin ait été consommée se retrouve dans un article du National Post, lequel précise que cela s'est produit dans le cadre d'une visite effectuée par l'ancien gouverneur général David Johnston et que le coût s'élevait à 6621 $.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne