Le Parti québécois présente une candidate à qui il faudra trouver une circonscription

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — «En ce début d’année 2026, au Parti québécois, on part la machine.»
C’est sur ces mots que Paul St-Pierre Plamondon a amorcé sa conférence de presse, mardi, pour faire une annonce tout à fait inhabituelle, c’est-à-dire de présenter une première candidate, Sandra Hernandez, avant même d’avoir déterminé dans quelle circonscription elle briguera les suffrages à l'élection générale prévue à l'automne.
«C'est de la nouveauté, mais attendez-vous à ça. Attendez-vous à un rythme au cours des prochaines semaines et des prochains mois où on présente des gens qui se sont déjà commis, avec qui la réflexion est complétée et dont la qualité ne laisse aucun doute sur l'adoption par une circonscription», a expliqué le chef du Parti québécois. Car il reviendra en effet aux exécutifs des circonscriptions d’adopter ou non des candidats et candidates qui ne sont pas issus du processus habituel d’investiture, qui reste la règle à suivre, selon M. St-Pierre Plamondon.
Grande expérience internationale
Sandra Hernandez, originaire de Longueuil, est une employée des Nations unies qui vit présentement en Colombie où elle participe à la Mission de vérification des Nations unies de l'implantation de l'accord de paix entre le gouvernement colombien et les forces armées révolutionnaires colombiennes, les FARC. Elle présente une impressionnante feuille de route en matière de missions internationales qui l’ont notamment menée en Inde, au Pakistan, en Afghanistan et en Haïti depuis une quinzaine d’années.
«J'ai un métier formidable qui m'a permis de travailler et de vivre là où beaucoup de gens n'auront jamais la chance d'aller et de voir comment d'autres États fonctionnent, comment d'autres peuples vivent et dans quelles conditions, a-t-elle affirmé. Plus on le voit, ce monde-là, plus on apprend comment il fonctionne et plus on le parcourt, plus on comprend que le Québec peut et doit être indépendant.
«Je ne connais personne qui regrette de gérer ses affaires, de décider de son économie, son immigration, ses impôts, ses services sociaux, bref, d'avoir le pouvoir de décision sur tout ce qui les affecte», a-t-elle déclaré.
Selon elle, «l'indépendance n'est pas un projet partisan. C'est un projet national rassembleur qui respecte la diversité des opinions, des sensibilités diverses autour d'un objectif commun, celui de faire du Québec un état pleinement maître de son avenir. C'est aussi, disons-le, une question de survie. Nous ne survivrons pas comme peuple si nous ne devenons pas indépendants. Nous verrons notre langue devenir minoritaire, puis étrangère à Montréal, puis dans le Grand Montréal», a-t-elle avancé.
Ça se bouscule au portillon
Sandra Hernandez est fille d’immigrant et Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que l’on verrait dans les semaines à venir «plusieurs candidatures issues d'une première, deuxième ou troisième génération d'immigration». Ces candidatures, selon lui, ont toutes en commun «le rejet des identités communautaristes et la volonté de travailler pour un Québec dans le cadre duquel ils se sont 100 % intégrés et dans le cadre duquel ils sont 100 % commis à notre avenir et à mon avis, c'est ça le message d'inclusion, de coopération et de paix sociale pour notre avenir».
Les propos du chef péquiste démontrent par ailleurs que l’on se bouscule au portillon pour devenir candidat péquiste, alors que les sondages placent la formation au pouvoir si des élections avaient lieu aujourd’hui. «Dans certaines circonscriptions, il y a déjà cinq candidatures de très haute qualité d'annoncées. Est-ce qu'on peut faire ça dans l'ordre, avec la compréhension que tout le monde ne peut pas gagner? (…) Rarement, dans l'Histoire, a-t-on eu un parti qui passe de trois députés à potentiellement un gouvernement. Donc, vous imaginez le nombre d'investitures et le nombre d'exercices.»
M. St-Pierre Plamondon a reconnu que la capacité organisationnelle du parti était poussée à la limite, d’autant plus que la formation politique a vu ses budgets fondre à la suite du maigre résultat des élections de 2022 où elle n'avait récolté que trois sièges.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne