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Le soldat qui s'est exprimé contre le vaccin accueilli à la Chambre des communes

durée 18h59
22 juin 2022
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

OTTAWA — Le soldat canadien qui a été accusé de s’être opposé au vaccin contre la COVID-19 pendant qu’il était en uniforme a été accueilli chaleureusement par des députés conservateurs à la Chambre des communes, mercredi.

L’adjudant réserviste James Topp s’est présenté aux Communes un mois après avoir été accusé de deux chefs de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline pour les propos qu’il a tenus en février en portant son uniforme.

Sa visite survenait également alors que le vétéran de la guerre en Afghanistan et ses supporters s’apprêtent à terminer une marche de quatre mois entre Vancouver et Ottawa, qui s’est amorcée au plus fort du «convoi de la liberté».

Leur arrivée, prévue le 30 juin au Monument commémoratif de guerre, fait craindre une nouvelle série de manifestations en opposition aux mesures sanitaires dans la capitale fédérale, qui a été paralysée pendant des semaines cet hiver.

Ces appréhensions n’ont cependant pas refroidi les ardeurs d’un groupe de députés conservateurs, qui ont serré la main et pris des photos avec l’adjudant, tout en lui offrant leur appui lors d’une rencontre qui a été webdiffusée.

La candidate à la chefferie du parti Leslyn Lewis faisait partie du groupe. Elle était accompagnée de Dean Allison, Ryan Williams et Alex Ruff.

Quant à M. Topp, il était aux côtés de Tom Marazzo, l’un des porte-parole du «convoi de la liberté», et de Paul Alexander, un ancien conseiller du président américain Donald Trump.

Selon Santé Canada, seuls les vaccins qui répondent à des normes strictes d'efficacité sont approuvés pour une utilisation au pays.

M. Topp a déclaré aux députés qu'il marchait à travers le pays en partie pour obtenir le retrait de toutes les obligations vaccinales et la réintégration de toute personne ayant perdu son emploi en raison d'une telle exigence. Il veut aussi que ces personnes reçoivent une compensation pour les salaires perdus.

Il a aussi expliqué que sa marche concerne bien plus que les exigences en matière de vaccins, qui ont été levées pour la plupart des fonctionnaires fédéraux cette semaine, mais restent en place pour les membres des Forces armées canadiennes.

«L'une des choses qui m'ont sauté aux yeux depuis que j'ai commencé ce voyage est le nombre de personnes qui sont venues me dire que leur principal problème est qu’ils considèrent que le gouvernement fédéral est intraitable et ne répond pas à leurs besoins.»

Les accusations portées contre M. Topp concernent deux vidéos mises en ligne cet hiver dans lesquelles le réserviste apparaît en uniforme pour dénoncer la vaccination obligatoire pour le personnel militaire et d'autres employés fédéraux.

Les membres des Forces armées canadiennes sont limités dans les commentaires qu'ils peuvent faire en uniforme, en particulier lorsqu'il s'agit de critiquer les politiques gouvernementales. L’objectif de ces règles est de protéger les militaires de toute perception de conflit d’intérêts avec la politique.

Le député conservateur Jeremy Patzer a noté qu'un seul parti était représenté aux tables autour desquelles le groupe s'était réuni, disant à M. Topp et aux autres: «Vous avez des alliés. Vous avez toujours eu des alliés.»

M. Topp a par ailleurs mentionné qu'il n'avait pas l'intention de diriger une occupation de la capitale fédérale et a invité la police d'Ottawa à collaborer avec lui pour faciliter sa marche prévue à travers la ville la semaine prochaine.

Cependant, un organisateur du «Veterans 4 Freedom» a affirmé dans une récente vidéo publiée sur YouTube que le groupe prévoyait de mettre en place un camp semi-permanent à l'est d'Ottawa appelé «Camp Eagle» et d'organiser des événements dans la ville tout l'été.

La police d'Ottawa a indiqué qu'elle prévoyait des mesures de sécurité inédites pour la fête du Canada, et qu'elle prépare d'autres plans de sécurité pour les manifestations au centre-ville d'Ottawa et sur la colline du Parlement avec, notamment, la police de Gatineau.

Lee Berthiaume, La Presse Canadienne