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Les astronautes d'Artemis sont physiquement prêts pour le lancement de la fusée

durée 16h03
15 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Malgré les retards dans la mission Artemis II de la NASA, qui doit effectuer un aller-retour autour de la Lune, un chercheur en médecine spatiale croit que l'équipage, dont fait partie l'astronaute canadien Jeremy Hansen, est physiquement prêt pour le moment du lancement.

«Ils se préparent depuis des années, alors qu'est-ce que quelques mois de plus changeront? Une chose que j’ai toujours appréciée et respectée dans la vie des astronautes, c'est qu’il faut toujours s’attendre à l’inattendu et se demander comment s’y préparer au mieux», affirme le Dr Farhan Asrar, médecin et doyen associé à la faculté de médecine de l'Université métropolitaine de Toronto.

La NASA a fixé au 1er avril la date de lancement d’Artemis II, avec une fenêtre de lancement de six jours s’étendant jusqu’au 6 avril, comme annoncé la semaine dernière.

M. Hansen, 50 ans, originaire de London, en Ontario, occupera le poste de spécialiste de mission, devenant ainsi le premier non-Américain à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse, un exploit historique pour le Canada.

Ses coéquipiers sont les astronautes chevronnés de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch. La mission devrait durer dix jours.

Jenni Gibbons, âgée de 37 ans et native de Calgary, servira de remplaçante à M. Hansen et assistera l’équipage depuis le centre de contrôle au sol.

La mission a été reportée à plusieurs reprises depuis l’ouverture de la fenêtre de lancement en février, en raison de fuites d’hydrogène et de problèmes de débit d’hélium sur le système de lancement spatial.

M. Asrar souligne que les retards font partie du jeu et que les astronautes ont suivi un programme de plusieurs années comprenant un entraînement physique, des simulations techniques et des scénarios de ce qui pourrait se passer pendant la mission.

Ils sont donc toujours prêts physiquement, mais il y a d’autres aspects, tels que la cohésion d’équipe, l’apprentissage mutuel et la gestion du temps personnel avec leurs familles.

«Il s'agit simplement de poursuivre ce même processus afin d'être prêts le jour où la mission aura enfin lieu», indique M. Asrar.

Bien que la mission lunaire ne doive durer que dix jours, le chercheur considère que l’un des aspects intéressants de la mission Artemis II, d’un point de vue sanitaire, est que les quatre astronautes seront confinés dans la capsule Orion, qui a à peu près la taille d’une roulotte.

«Les membres de l’équipage doivent vraiment bien s’entendre et se connaître très bien, car, curieusement, à l’exception des toilettes, il n’y a aucune autre intimité ni aucune porte pour s’isoler», rappelle M. Asrar.

«Ils mangeront, boiront et travailleront donc tous ensemble. Même leurs moments personnels de réflexion ou d’introspection se dérouleront en présence de tout l’équipage», ajoute-t-il.

En vue d’un éventuel lancement le 1er avril, la NASA a indiqué que la quarantaine d'avant le lancement commencerait vers le 18 mars, avant leur départ pour le Centre spatial Kennedy en Floride le 27 mars.

Artemis II orientera également la réflexion vers des missions spatiales de longue durée dans l’espace lointain. Les recherches de M. Asrar portent sur la santé humaine dans l’espace, ce qui inclut les missions dans l’espace lointain.

«Cela ouvre la voie à l'idée de vivre sur la Lune pendant des périodes plus longues, et nous amène ensuite à envisager des missions spatiales vers Mars», dit-il.

Pour ces missions de longue distance, il faut notamment réfléchir à la manière de prodiguer des soins lorsqu’il n’existe pas de moyen facile de communiquer avec la Terre, comme c’est le cas avec la Station spatiale internationale.

En cas d’urgence médicale, comme cela s’est produit récemment avec la mission Crew-11 qui a été écourtée en janvier, un retour rapide sur Terre a été organisé dans le cadre de la toute première évacuation médicale de la NASA.

«Cependant, si l’on prend l’exemple de Mars, il faudrait près de sept à dix mois rien que pour le trajet aller», souligne M. Asrar.

Cela soulève donc la question de savoir si les équipages sont capables de gérer tous les problèmes médicaux, de l’évaluation à la guérison. Se pose également la question de la gestion des stocks médicaux limités.

Selon M. Asrar, Artemis II permettra de mieux comprendre comment répondre à certaines de ces interrogations.

Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne