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Les éditeurs les mieux placés pour repérer l'IA, selon des prix littéraires canadiens

Les éditeurs les mieux placés pour repérer l'IA, selon des prix littéraires canadiens
Photo: La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Les principaux prix littéraires canadiens affirment qu'ils comptent en grande partie sur les éditeurs pour s'assurer que les livres qu'ils récompensent ont bien été écrits par des êtres humains, et non par une intelligence artificielle (IA).

Les directeurs généraux du Writers' Trust et de la Fondation Giller disent tous deux disposer de politiques interdisant la participation d'œuvres rédigées par l'IA à leurs prix.

Elana Rabinovitch, qui dirige le Prix Giller, explique que les maisons d’édition travaillent en étroite collaboration avec leurs auteurs et sont mieux placées que les organismes de prix pour déterminer si ceux-ci ont eu recours à l’IA générative.

De son côté, le Conseil des arts du Canada, qui gère les Prix littéraires du Gouverneur général, indique qu’il est en train d’élaborer une politique définissant des «attentes claires» concernant l’IA dans les ouvrages qu’il examine en vue de l’attribution de ces prix.

Caroline Lussier, directrice de la promotion des arts au Conseil, affirme que l’organisme espère que cette politique sera en place pour le prochain cycle de sélection.

Ces réactions surviennent alors que l'un des prix littéraires français les plus prestigieux a retiré le premier roman de l'auteur canado-haïtien Thélyson Orélien de sa liste des finalistes, à la suite d'allégations selon lesquelles il aurait écrit son ouvrage à l’aide d’une IA générative, ce qu’il a nié.

Mme Lussier a précisé que le Conseil travaillait déjà sur cette politique avant que la polémique n’éclate, et a souligné que l’organisme avait déjà publié des recommandations sur l’utilisation de l’IA dans les projets qu’il finance et dans l’examen des demandes de subvention.

L’Académie Goncourt a annoncé vendredi avoir retiré le roman d’Orélien, «C’était ça ou mourir», de la course au Prix Goncourt, après des allégations selon lesquelles l’ouvrage aurait été rédigé à l’aide d’une IA, ainsi qu’à la suite d'accusations distinctes de plagiat concernant ses œuvres antérieures.

M. Orélien a refusé de formuler des commentaires à La Presse Canadienne vendredi, affirmant qu’il se concentrait sur sa santé. Il avait toutefois nié avec véhémence, plus tôt dans la semaine, avoir utilisé l’IA pour écrire son roman.

- Avec des informations de Charlotte Glorieux, à Montréal.

Nicole Thompson, La Presse Canadienne