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Les gouvernements exhortés à renforcer les services de garde à 10 $ par jour

durée 15h25
30 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

Au moment où les ministres responsables se réunissaient, vendredi, à Ottawa, les défenseurs des services de garde d'enfants ont appelé les gouvernements fédéral et provinciaux à s'engager à renforcer le système à 10 $ par jour.

La plupart des provinces et des territoires ont désormais des frais moyens de 10 $ par jour, mais ce n'est pas le cas de tous et les objectifs de création de places ne sont pas en voie d'être atteints, tandis que de nombreuses listes d'attente s'allongent. Environ 154 000 nouvelles places ont été créées depuis 2021, selon le gouvernement fédéral, ce qui est loin de l'objectif de 250 000 places fixé pour mars prochain.

Le groupe «Un enfant Une place» et d'autres défenseurs d'un système abordable, accessible et principalement à but non lucratif affirment que ce n'est pas le moment de renoncer à ces objectifs; au contraire, alors que le pays cherche à soutenir son économie face aux perturbations du commerce mondial, les services de garde d'enfants sont essentiels.

«En seulement cinq ans, le programme canadien de garderies à 10 $ par jour a généré des retombées économiques considérables», a déclaré Morna Ballantyne, directrice générale du groupe «Un enfant Une place», lors d'une conférence de presse à Ottawa.

«Nous savons tous que l'économie canadienne dépend des personnes, en particulier des mères, qui gagnent un revenu et paient des impôts», a-t-elle fait valoir.

La ministre de l'Emploi et des Familles, Patty Hajdu, a rencontré vendredi les ministres provinciaux et territoriaux responsables de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants. Une porte-parole de Mme Hajdu a affirmé que le gouvernement fédéral souhaitait mettre en place un programme national de garde d'enfants efficace.

«Il s'agit d'investissements générationnels qui renforcent l'économie, soutiennent les parents et donnent à chaque enfant une chance équitable», a indiqué Jennifer Kozlej dans une déclaration écrite.

«Chaque province et territoire a la responsabilité de mettre en place des systèmes de garde d'enfants qui répondent au mieux aux besoins et aux priorités de leurs communautés, y compris la création d'espaces», a-t-elle ajouté.

Certaines provinces ont exhorté le gouvernement fédéral à consacrer davantage de fonds à son programme phare.

L'Ontario, par exemple, a déclaré qu'il avait besoin de 2 milliards $ supplémentaires par an de la part du gouvernement fédéral afin de réduire les frais payés par les parents à 10 $ par jour. La province a récemment obtenu 695 millions $ supplémentaires d'Ottawa pour cette année, ce qui, selon le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Paul Calandra, sera suffisant pour maintenir les frais à la moyenne actuelle de 19 $ par jour, mais pas pour les réduire davantage.

La province a également exhorté le gouvernement fédéral à relever le plafond prévu dans l'accord sur le pourcentage de places dans les établissements à but lucratif, qui, selon les responsables, entrave la croissance du programme à 10 $ par jour.

Mme Ballantyne a déclaré que les défenseurs des services espéraient voir le gouvernement fédéral injecter davantage de fonds dans le programme dans son dernier budget, mais elle a ajouté qu'ils souhaitent également que les provinces augmentent leurs propres contributions.

«Nous pensons vraiment que c'est ce qui motive bon nombre des suggestions visant à modifier le programme, a-t-elle déclaré. Ils cherchent des moyens de réduire les investissements publics plutôt que de les augmenter.»

Les défenseurs souhaitent également voir une amélioration de la rémunération des travailleurs de la petite enfance, car de nombreux exploitants affirment que leur incapacité à recruter et à retenir suffisamment de personnel qualifié nuit à leur capacité à maintenir des places ouvertes, sans parler d'en créer de nouvelles.

«Les parents me parlent sans cesse du stress causé par les longues listes d'attente et de l'impossibilité de trouver des places en garderie», a affirmé Janet Amito, mère d'un enfant en bas âge fréquentant une garderie et membre de Parents for Child Care, qui fait partie de la Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance (COMSÉE).

«Nous ne pourrons résoudre le problème des listes d'attente que si le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral s'engagent à financer un plan qui soutient les éducatrices en leur offrant des salaires équitables et en créant suffisamment de nouvelles places pour toutes les familles qui en ont besoin», a-t-elle fait valoir.

Allison Jones, La Presse Canadienne