Les IPS pourraient avoir une hausse salariale après une décision du TAT

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Une bataille a été gagnée par la FIQ devant le Tribunal administratif du travail (TAT) afin de faire reconnaître le diplôme d'études supérieures spécialisées (D.E.S.S.) que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) doivent obtenir dans leur formation, ce qui devrait leur valoir une augmentation salariale.
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) espère que c'est la dernière fois qu'elle doit défendre son point dans ce dossier, qui traîne depuis 20 ans.
Pour le résumer, Jérôme Rousseau, vice-président à la FIQ, fait un retour en arrière, dans les années 1990, lorsque le gouvernement a adopté la loi sur l'équité salariale qui forçait — autant dans le secteur public que privé — à évaluer les emplois à prédominance féminine afin que les femmes ne soient pas pénalisées en comparaison avec le même genre d'emploi au niveau masculin.
Pour faire cet exercice, le Conseil du trésor a développé un outil qui évalue les emplois en fonction de plusieurs critères, comme les habiletés physiques, cognitives, relationnelles, etc. La formation académique était aussi évaluée et c'est là où le bât blesse pour les IPS.
«Cet outil, malheureusement, il n'est pas parfait. Quand ç'a été créé le titre d'emploi des IPS, en 2006, ce qu'on a réalisé, c'est que l'outil ne mesure pas bien un élément particulièrement: la formation. Les IPS au Québec sont parmi les infirmières praticiennes spécialisées les plus formées au Canada. Elles doivent avoir une maîtrise et un D.E.S.S.», explique M. Rousseau.
«Quand on venait évaluer les IPS, on regardait le système d'évaluation du Conseil du trésor et on avait une case ''si j'ai un bac'', une case s'il y a une maîtrise et on en avait une casse ''si j'ai un doctorat''. Mais on n'avait pas l'intervalle [...] c'est-à-dire qu'on n'était pas capable de donner des points de plus aux IPS parce qu'elles ont une maîtrise et un D.E.S.S.. Et c'est ça qu'on a contesté depuis 2006.»
En novembre 2024, le TAT avait donné raison à la FIQ, jugeant que le gouvernement du Québec devait reconnaître tout le parcours académique des IPS, incluant le D.E.S.S.. «Cette décision annulait la position antérieure du Conseil du trésor et de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui refusaient cette reconnaissance», indique un communiqué de la FIQ.
Le 15 avril dernier, le TAT a rejeté la requête de révision du Conseil du trésor, ce qui oblige maintenant le gouvernement à apporter les ajustements requis en matière d’équité salariale.
«On n'est jamais à l'abri d'une autre contestation, mais j'espère que là, ça suffit de la part du gouvernement. Nos infirmières praticiennes spécialisées sont parmi les plus formées au Canada et là, il faut que le gouvernement et le Conseil du trésor se mettent à la table et corrigent l'iniquité que les infirmières praticiennes subissent depuis beaucoup trop d'années», fait valoir M. Rousseau.
Il n'est pas en mesure de dire à combien se chiffre la hausse salariale puisque la mesure serait rétroactive, et on ne sait pas à partir de quelle année exactement les ajustements vont se faire. «Mais honnêtement on parle de bonnes augmentations salariales», soutient M. Rousseau.
«On espère que le Conseil du trésor va nous interpeller rapidement pour qu'on s'assoie avec eux et qu'on regarde le dossier et qu'on agisse rapidement pour ajuster le salaire des infirmières praticiennes spécialisées.»
Il y a présentement un peu plus de 2000 IPS qui pratiquent au Québec. Elles ont l'autonomie de diagnostiquer des maladies, prescrire des examens médicaux et des médicaments, et elles peuvent prendre directement des patients à leur charge, comme peuvent le faire les médecins.
Selon M. Rousseau, les ajustements salariaux pourraient permettre d'attirer davantage d'infirmières à faire des études supérieures pour devenir IPS.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne