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Moyens de pression illégaux d'un syndicat: le Tribunal donne raison à Hydro-Québec

durée 05h45
29 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

Le Tribunal administratif du travail vient de donner raison à Hydro-Québec, après avoir reçu une demande d'intervention urgente concernant des moyens de pression qui ont été déployés dans plusieurs régions du Québec, les 22 et 23 avril.

La décision vise une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), celle des employés de métier, qui s'affaire justement à des préparatifs de grève.

Le Tribunal a jugé ces moyens de pression illégaux et a ordonné aux membres du syndicat de cesser d'y recourir. Il a également jugé que ces moyens de pression étaient susceptibles de priver le public de services auxquels il a droit.

La décision du Tribunal rapporte l'utilisation de véhicules et d'équipements d'Hydro-Québec à des fins non autorisées, le refus concerté d'effectuer des heures supplémentaires, le refus d'utiliser des tablettes servant à la répartition du travail et l'obstruction d'accès et de voies de passage dans des édifices d'Hydro-Québec.

Le Tribunal relate également des propos d'Hydro-Québec faisant état d'«actions assimilables à des méfaits ou à du vandalisme» ayant entraîné des ralentissements d'activité: portes d'entrée verrouillées par des câbles électriques, sacs de déchets laissés près de la voiture d'un chef des travaux, motoneige appartenant à Hydro-Québec suspendue à un camion à flèche, entre autres.

«La preuve révèle la mise en œuvre, à l’échelle de la province et sur une très courte période, d'une série d’actions coordonnées visant à désorganiser les opérations d’Hydro-Québec: blocage d’accès, ralentissement volontaire des interventions, refus concerté d’effectuer certaines tâches, détournement ou sabotage d’équipements et perturbations des milieux de travail», résume le juge administratif François Beaubien.

«Il n’est pas nécessaire d’épiloguer très longtemps face à autant de gestes commis en seulement deux jours par les salariés membres du Syndicat pour conclure qu’il s'agit d’actions concertées initiées, encouragées, sinon tolérées par celui-ci, lorsque le 23 avril 2026, sur son site internet, il souligne que partout "à la grandeur de la province, d’importantes mobilisations ont eu lieu hier par des membres du 1500. Ils ont tenu à passer un message clair à l’employeur"», ajoute le juge administratif.

Le Tribunal conclut: «il est manifeste que, lors de ces deux journées, les actions concertées des salariés membres du Syndicat ont privé le public de services auxquels il a droit ou sont susceptibles de le faire si elles ne cessent pas immédiatement».

La décision du Tribunal sera déposée aux greffes de la Cour supérieure, ce qui lui accorde le même effet qu'un jugement de cette cour. Ainsi, une personne qui y contreviendrait serait susceptible d'outrage au tribunal.

La direction d'Hydro-Québec a dit déplorer le recours à de tels moyens de pression «qui datent d’un autre siècle». Elle a plaidé pour «l’importance du respect des règles encadrant les moyens de pression».

Elle compte aussi prendre «les moyens nécessaires afin de protéger ses installations, ses gestionnaires, ses employés et employées, et d'assurer un service de qualité à sa clientèle».

Lia Lévesque, La Presse Canadienne