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Offrir des «alternatives» aux urgences pour les troubles concomitants, dit un expert

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1 juin 2022
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

MONTRÉAL — Les efforts pour développer des «alternatives» aux urgences psychiatriques doivent être accélérés pour traiter des personnes présentant à la fois des problèmes de santé mentale et de dépendance de consommation d'alcool ou de drogue, selon le chef du département de psychiatrie du CHUM. 

Le Dr Didier Jutras-Aswad a été le premier témoin entendu, mercredi, à l'ouverture du volet recommandations et représentations de l'enquête publique sur la thématique du suicide, au palais de justice de Trois-Rivières.

Cette enquête menée par la coroner Me Julie-Kim Godin porte sur les décès de Mikhaël Ryan, Joceline Lamothe, Suzie Aubé, Jean-François Lussier, Marc Boudreau et Dave Murray.

La quasi-totalité de ces personnes ayant comme «fil conducteur» un diagnostic combinant trouble mental et dépendance à la consommation de drogue ou d'alcool — aussi appelé troubles concomitants — ont passé par les urgences, a souligné le Dr Jutras-Aswad. Mais selon lui, les hôpitaux ne sont pas toujours le bon endroit pour le traitement requis. Ils sont limités dans leur capacité à freiner la «cascade» menant vers le suicide.  

«Il faut absolument faire en sorte qu'on minimise le nombre de fois où on a besoin d'orienter quelqu'un vers une urgence psychiatrique», a soutenu le chercheur clinicien. 

Le médecin psychiatre propose notamment d'améliorer la responsabilité des guichets d'accès en santé mentale afin de «faire le maximum» pour que les patients bénéficient d'un accompagnement.  

Il recommande aussi de mieux former les professionnels de la santé aux troubles concomitants. Les établissements d'enseignement devraient intégrer cette réalité dans leur cursus, estime le Dr Jutras-Aswad. 

La nouvelle stratégie nationale de prévention du suicide, dévoilée il y a quelques semaines, entend d'ailleurs développer la formation et le soutien des professionnels et des intervenants, a indiqué mercredi une gestionnaire du ministère de la Santé et des Services sociaux. 

La nouvelle politique du gouvernement vise à réduire d’ici 2026 le nombre de décès par suicide d’au moins 10 % pour faire passer le Québec sous la barre des 1000 décès par suicide annuellement. Un plan d'actions doit découler de la stratégie nationale, possiblement à la suite des élections. 

L'enquête sur le suicide amorcée en 2019 est dans son dernier droit. Les audiences sur les recommandations et représentations doivent se tenir jusqu'au 10 juin. 

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelle

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne