Projet de loi 9 sur les boissons énergisantes: des groupes seront entendus mardi
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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Une poignée d'organismes se prononceront, mardi à l'Assemblée nationale, sur le projet de loi 9 qui vise à interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Ces consultations publiques se tiennent à la demande du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui s'opposait à l'adoption en accéléré d'une telle pièce législative et réclamait un minimum de débats.
Le projet de loi 9 a été déposé vendredi dernier par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, en réponse au cri du cœur des parents de Zachary Miron, décédé en 2024 à l'âge de 15 ans après avoir bu un Red Bull.
Le gouvernement caquiste avait déjà en main depuis 2023 un rapport d'experts recommandant l'interdiction de ces produits aux mineurs. Il aura attendu à la toute fin de son mandat pour bouger.
Il faut dire que la mesure fait consensus à l'Assemblée nationale; seule la députée conservatrice Maïté Blanchette Vézina a émis des réserves, reprenant certains des arguments de l'industrie.
La députée de Rimouski a notamment demandé en point de presse si le gouvernement allait aussi interdire les pamplemousses, considérant qu'ils peuvent interagir avec des médicaments.
Une entente est finalement intervenue vendredi soir: le PCQ allait cesser de menacer de bloquer le projet de loi si le gouvernement acceptait en échange de tenir des consultations.
L'Institut national de santé publique, l'Ordre des pharmaciens, le Collège des médecins, l'Association des cardiologues et l'Association canadienne des boissons ont donc été invités à venir s'exprimer mardi.
Dans une infolettre envoyée à ses membres vendredi, le Collège des médecins se range fermement du côté du gouvernement.
«Le décès du jeune Zachary Miron a mis en évidence les risques d'une interaction entre les boissons énergisantes caféinées (BEC) (...) et des psychostimulants prescrits en cas de TDAH.
«Les BEC peuvent donner lieu à des effets graves, allant de la tachycardie aux convulsions et même au décès.
«Le gouvernement québécois veut interdire la consommation des BEC aux jeunes. (...) Notre ordre professionnel salue cette volonté», a-t-il écrit.
Lundi, le PCQ a indiqué qu'il présenterait lui aussi un mémoire à la commission chargée d'étudier le projet de loi 9.
Il demandera notamment «une comparaison explicite entre les seuils d'âge de 16 ans et de 18 ans, un examen de la composition des boissons énergisantes ainsi qu'une clause de révision après trois ans».
«Les Québécois méritent mieux qu'une réponse incomplète. Avant d'imposer une interdiction, le gouvernement doit démontrer que celle-ci sera réellement efficace», a déclaré le chef du PCQ, Éric Duhaime.
Caroline Plante, La Presse Canadienne