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SCM: des groupes demandent d'interdire les parfums dans les hôpitaux

durée 14h37
6 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — À la veille d’une conférence internationale sur la «sensibilité chimique multiple», des associations demandent que les personnes qui souffrent de cette condition soient reconnues et soutenues, notamment en interdisant les parfums dans les hôpitaux.

La sensibilité chimique multiple (SCM) est un trouble chronique provoqué par l’exposition à de faibles quantités de produits chimiques, par exemple des solvants, des pesticides, des dérivés pétroliers ou encore des produits parfumés, comme des shampoings ou des produits nettoyants.

Maux de tête, insomnie, dépression, manque de coordination et une multitude d’autres symptômes qui affectent autant la vision que le système cardiovasculaire et l’appareil respiratoire, peuvent être provoqués par la SCM, selon l’Association pour la santé environnementale du Québec (ASEQ), qui organise une conférence sur le sujet jeudi et vendredi.

«Il y a plus d’un million de personnes qui souffrent de cette maladie» au pays, a indiqué l’avocat Paul-Claude Bérubé, directeur de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN), lors d’une conférence de presse mercredi.

Pour éviter d'aggraver l'état de santé des victimes de SCM, certains bureaux du gouvernement fédéral ont instauré des milieux de travail sans parfum.

La COPHAN et l'Association pour la santé environnementale du Québec demandent que cette politique soit élargie, en commençant par les hôpitaux du Québec.

«Toutes les provinces, sauf le Québec, ont des hôpitaux qui sont sans parfum», a souligné Michel Gaudet, directeur de l’Association pour la santé environnementale du Québec.

«C’est un problème majeur», a ajouté Paul-Claude Bérubé, car «il y a des gens qui n’ont plus accès à la protection de leur santé (...) simplement parce qu’ils ne peuvent plus fréquenter des institutions de santé qui n’appliquent pas de politique pour les protéger».

Accommoder les travailleurs

La sensibilité chimique multiple «n'est plus seulement une question de reconnaissance médicale», selon l’avocat Paul-Claude Bérubé, c’est désormais «une question de droit de la personne».

Le directeur de la COPHAN demande que les gouvernements fédéraux et provinciaux fassent respecter la loi pour que les personnes qui souffrent de SCM puissent obtenir des accommodements, en milieu de travail par exemple.

«Ils sont protégés par le cadre juridique qui existe au Canada», a indiqué Paul-Claude Bérubé en faisant référence notamment à la Commission canadienne des droits de la personne.

Les employeurs ou les fournisseurs de services sous réglementation fédérale ont l’obligation légale de répondre aux besoins de leurs travailleurs, de leurs sous-traitants, de leurs clients et des usagers «ayant une hypersensibilité environnementale», qui est considérée comme un handicap, selon la Commission canadienne des droits de la personne.

Sur son site internet, la commission indique que les «politiques pour un milieu sans parfum ou sans fragrance sont importantes dans un milieu de travail, comme n’importe quelle autre mesure d’accessibilité, telles des rampes et des portes à ouverture automatique».

Les personnes qui souffrent de sensibilité chimique multiple «ne devraient plus choisir entre leur santé et leur participation à la vie sociale», a souligné le directeur de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec.

«On a constaté que les entreprises qui ont mis en place des solutions» pour accommoder les personnes victimes de SCM n’ont «pas vécu de grands bouleversements».

Il s'agit donc, a-t-il ajouté, «d'un accommodement raisonnable pour permettre à des personnes de participer à la vie en société».

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la sensibilité chimique multiple est un «trouble chronique caractérisé par de multiples symptômes récurrents non spécifiques, provoqués ou exacerbés lors d’une exposition à des odeurs présentes dans l’environnement à de faibles concentrations tolérées par la majorité des gens».

Jeudi et vendredi, «des chercheurs, des cliniciens, des décideurs politiques et des leaders communautaires du monde entier» sont attendus à la conférence internationale Resilience 2026 sur la sensibilité chimique multiple (SCM).

Cette conférence virtuelle est organisée par l’Association pour la santé environnementale du Canada et l’Association pour la santé environnementale du Québec.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne