Thélyson Orélien admet des cas de plagiat, mais nie vigoureusement avoir utilisé l'IA
MONTRÉAL — L'auteur Thélyson Orélien, qui est accusé d'avoir utilisé l'intelligence artificielle (IA) pour écrire son livre célébré, «C'était ça ou mourir», reconnaît avoir commis du plagiat par le passé, mais il continue de nier vigoureusement avoir eu recours à une «machine» pour rédiger son roman.
M. Orélien est embourbé dans une controverse depuis plusieurs semaines, lorsqu'un compte X a allégué qu'il s'était servi de l'IA pour écrire son roman, qui était en lice pour le prestigieux Goncourt. Le livre a depuis été exclu du Goncourt et d'autres prix littéraires, et l'auteur a aussi fait l'objet d'accusations de plagiat.
Quant à l'utilisation de l'IA, l'écrivain québécois d'origine haïtienne a clamé son innocence depuis le début, et il a réitéré mardi dans une longue déclaration écrite que le récit venait véritablement «de (ses) blessures et de celles des autres migrants».
«J’ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches, s’agissant notamment des idiomes étrangers. Mais aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine, pas plus que le sens ou l’ordonnance d’un récit qui vient de mes tripes», a-t-il soutenu dans une lettre partagée par les Éditions du Boréal.
«L’expérience que je vis est cruelle. En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n’est pas seulement venu contester ma qualité d’écrivain mais mon humanité.»
Dans le même texte, il reconnaît toutefois des «erreurs de jeunesse», qui l'ont amené à «s'attribuer des textes qui ne sont pas les (siens)», notamment «Le Matin des magiciens», de Louis Pauwels et Jacques Bergier, un ouvrage qui, dit-il, l'avait «renversé».
«J’ai commis des erreurs inacceptables, malgré la jeunesse et l’inexpérience. Je le regrette profondément et présente mes excuses sans réserve», a-t-il admis.
Il a toutefois appelé les lecteurs à juger son livre «pour ce qu'il est».
«Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu’on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026», a-t-il ajouté.
L'auteur affirme qu'il a commencé la rédaction de son livre en 2017 et que son premier jet a été livré en 2019.
«Je n’ai pas écrit ce livre pour gagner des prix ou devenir célèbre. Je n’ai rien à prouver aux gens qui m’accusent. J’espère simplement qu’on lira l’histoire de Jonas Dorléon pour ce qu’elle raconte, qu’elle permettra à ses lecteurs d’ouvrir leurs yeux et leur cœur sur le monde, sur ceux qui le peuplent», a-t-il conclu.
La Presse Canadienne

