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Tuerie de Tumbler Ridge: des documents judiciaires révèlent des détails de l'enquête

durée 08h24
13 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Des documents juridiques révèlent qu'une confusion régnait autour du nombre de tireurs impliqués lors de la tuerie de masse survenue le 10 février à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, puisque la GRC avait reçu plusieurs pistes de noms.

Ces documents juridiques ont été publiés dans le cadre d’un recours judiciaire intenté par un consortium de médias, dont fait partie La Presse Canadienne. Largement caviardés, ils comprennent trois dénonciations présentées par la police en vue d'obtenir un mandat de perquisition.

Dans une autre dénonciation, déposée en mars, la GRC a précisé que la société d’intelligence artificielle OpenAI ne faisait pas l’objet d’une enquête dans le cadre de cette tuerie de masse, alors qu’elle sollicitait une ordonnance obligeant l’entreprise à lui remettre les données relatives aux comptes ChatGPT de la tireuse.

Les documents décrivent les premiers instants de l’intervention policière après l’attaque, et expliquent comment les différents noms attribués à la jeune tireuse, qui s'identifiait comme une femme trans, avaient initialement conduit la police à croire qu’il y avait deux assaillants à l’école secondaire de Tumbler Ridge.

Ils décrivent également en détail la scène de crime au domicile de la tireuse, où elle a tué sa mère et son frère. Les deux corps ont été retrouvés aux côtés de douilles de fusil de chasse éparpillées sur le sol et d'un fusil de chasse vide.

Cinq élèves et une aide-éducatrice ont ensuite été retrouvés morts à l’école secondaire de Tumbler Ridge. Cette tragédie a suscité une vague de deuil au sein du pays.

Confusion sur l'identité de la tireuse

Une dénonciation datée du 11 février, au lendemain de l’attaque, indique que le commandant des opérations, l’inspecteur Chris Riddle, a signalé que le suspect était Jesse Jacobs, un «homme s’identifiant comme une femme» qui était «obsédé par les armes à feu».

Ce rapport décrit les appels reçus par la police concernant un VUS s’éloignant du domicile où deux corps avaient été découverts, puis concernant la fusillade à l’école.

Le véhicule aurait reculé dans un tas de neige, subissant des dégâts à l’arrière, avant de quitter «rapidement et de manière erratique» le domicile familial.

Un témoin a identifié le conducteur par ce qui semblait être un surnom, «Steezy», et a précisé «que l’homme s’habille comme une femme».

Le témoin a également signalé «deux cadavres et des cartouches de fusil de chasse sur le sol» et indiqué que «le fils aîné est armé et s’est enfui».

M. Riddle a indiqué qu’il y avait peut-être un deuxième tireur, «Jesse Vanrootselaar», qui vivait à l’endroit où sa mère et son frère ont été retrouvés morts. Les documents précisent également que la suspecte était connue sous le nom de Jesse Strang.

Ces informations, qui figuraient dans une demande de mandat de perquisition visant le domicile familial et la Hyundai Palisade que Van Rootselaar avait conduite jusqu’à l’école, indiquent que ce n’est qu’après avoir visionné les images de vidéosurveillance de l’école que la police a pu confirmer qu’une seule tireuse — retrouvée morte d’une blessure par balle qu'elle s'était infligée — était impliquée.

Un autre document, daté du 20 février, visait à obtenir des informations numériques ou autres, telles que des lettres de suicide, des manifestes, des notes de journal intime sur le téléphone de Van Rootselaar et d’autres appareils, notamment des appareils photo, deux ordinateurs portables et des cartes mémoire. Ces éléments avaient été saisis à la suite de perquisitions autorisées en vertu du mandat de perquisition initial.

Des «preuves biologiques» ont également été retrouvées, ainsi que «plusieurs documents attestant du lieu de résidence de Jesse».

«L’enquête a révélé que Jesse souffrait de troubles mentaux et était fasciné par les armes à feu», peut-on lire dans la dénonciation.

On y décrit également les autopsies de Van Rootselaar et des victimes, bien que les résultats concernant ces dernières soient caviardés.

De nombreux témoignages sont également caviardés, tout comme une description de quatre pages de ce que la police a pu observer sur les images des caméras de surveillance de l’école.

OpenAI appelée à contribuer

Un document indique que le 15 février, les enquêteurs ont été informés par la police fédérale américaine (FBI) que l’entreprise d’intelligence artificielle OpenAI avait identifié deux comptes ChatGPT qui auraient été utilisés par la tireuse. La description détaillée de ces comptes est caviardée.

Une troisième demande de mandat de perquisition, datée du 6 mars, visait à obtenir d’OpenAI les éléments liés à ces deux comptes ChatGPT.

«OpenAI a volontairement révélé à la police avoir identifié deux comptes sur ChatGPT qu’elle estimait appartenir au tireur de Tumbler Ridge et que ces comptes contenaient des informations pertinentes pour cette enquête», a écrit l’agent Jonathan Paquin de la GRC.

Il est indiqué que la police a pris connaissance d’un article du «Wall Street Journal» publié le 20 février, précisant que l’un des comptes ChatGPT de Van Rootselaar avait fait l’objet d’un examen interne en juin 2025 avant d’être banni, à la suite d’une conversation qui aurait pu être liée à la fusillade dans l’établissement scolaire.

M. Paquin a indiqué s’être entretenu avec Jeff Shih, avocat d’OpenAI, le 3 mars, afin de savoir comment l’entreprise conservait les enregistrements des requêtes des utilisateurs et des réponses fournies par le modèle d’IA.

«À ma connaissance, d’après les informations dont je dispose et en toute bonne foi, OpenAI OpCo LLC ne fait pas l’objet d’une enquête pour l’infraction mentionnée», écrit-il.

L’ordonnance de production qui en a résulté, signée par un juge le 6 mars, enjoignait à OpenAI de fournir les enregistrements ChatGPT provenant des deux comptes utilisés par Van Rootselaar. Le juge a accordé 14 jours à l’entreprise pour transmettre ces éléments à la GRC.

Une ordonnance de production de renseignements datée du 6 mars décrit également les efforts déployés pour retracer un certain nombre d’armes à feu, dont au moins un fusil de chasse. Les descriptions relatives aux autres armes ont été caviardées.

Le document indique qu’un peu plus de trois semaines après les meurtres, 80 dépositions avaient été recueillies auprès d’enseignants, d’élèves, de secouristes et de membres de la communauté.

Le document comprend une section de sept pages consacrées à l’activité de Van Rootselaar sur les réseaux sociaux, qui est entièrement caviardée.

La Presse Canadienne