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Un bandage expérimental pourrait combattre le mélanome

durée 09h56
22 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Un bandage expérimental activé par la chaleur mis au point par des chercheurs chinois pourrait combattre le mélanome en libérant des ions de cuivre qui détruisent les cellules cancéreuses sous-jacentes et empêchent leur propagation, indique une nouvelle étude publiée par la Société américaine de chimie.

Les auteurs de l'étude affirment que des essais menés sur des souris ont démontré que le bandage réduisait les lésions de mélanome sans endommager les tissus environnants.

«C'est prometteur, mais les humains ne sont pas des souris, a tempéré la docteure Elena Netchiporouk, qui est dermatologue et chercheuse à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. Le mélanome de la souris et le mélanome chez l'humain, c'est quand même très différent, ce ne sont pas les mêmes mutations génétiques.»

Les mélanomes se développent généralement dans les couches externes et intermédiaires de la peau. Il est donc difficile de détruire les cellules cancéreuses tout en préservant les tissus sains environnants.

Le bandage est souple, extensible, respirant au contact de la peau et chimiquement inerte. Les chercheurs ont émis l'hypothèse qu'en le chauffant légèrement, celui-ci libérerait des ions de cuivre qui interagiraient avec l'ADN des cellules cancéreuses et les détruiraient par le biais du stress oxydatif.

Ce mécanisme, croyaient-ils, devrait également déclencher une réponse immunitaire qui empêcherait la migration des cellules tumorales vers d'autres parties du corps (en d'autres mots, de former des métastases).

Lors d'une première expérience en laboratoire, les chercheurs ont chauffé le bandage à 42 degrés Celsius. Une fois activé, le bandage a relâché des ions de cuivre dans les cellules de mélanome, tuant la plupart d'entre elles.

«À 42 degrés, ça crée un stress de chaleur pour les cellules de tumeur, mais pas pour les cellules avoisinantes, a expliqué la docteure Netchiporouk. Et cette chaleur-là libérait le cuivre du bandage pour aller directement dans la tumeur.»

La mort des cellules tumorales a entraîné la production de radicaux libres, ce qui a provoqué une réaction immunitaire, a-t-elle poursuivi, «pour nettoyer tous les dégâts et tuer la tumeur encore plus».

«Donc, le bandage provoquait la mort des cellules cancéreuses de trois manières, directement, puis indirectement avec le système immunitaire», a souligné la docteure Netchiporouk.

Puis, lors d'une expérience préclinique de dix jours, le traitement a réduit les lésions de mélanome par environ 97 %. Tel que prévu, les prélèvements tissulaires ont montré que les cellules cancéreuses ne s'étaient pas propagées au-delà des limites de la tumeur et que les ions de cuivre ne s'étaient pas accumulés dans les organes ni dans le sang.

Ce n'est toutefois pas demain qu'un tel bandage sera disponible dans le bureau des dermatologues, a souligné la docteure Netchiporouk, qui rappelle que moins de 10 % des études précliniques débouchent un jour sur des essais cliniques.

«Le concept est très prometteur, très innovateur, très intéressant (...) mais ça prend beaucoup de temps avant que ça arrive dans nos bureaux. Mais c'est très excitant, a-t-elle conclu.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le réputé journal scientifique ACS Nano.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne