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Une cour autorise une manifestation propalestinienne à Toronto, malgré Doug Ford

durée 17h27
14 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Une manifestation pro-palestinienne s'est amorcée samedi à Toronto, au milieu d'un défilé de drapeaux et d'une importante présence policière, avec notamment des agents surveillant la scène depuis le sommet d'immeubles, après qu'un juge de l'Ontario eut rejeté la demande du gouvernement visant à l'interdire à titre préventif.

Certains participants au rassemblement de la Journée d'Al-Quds agitaient des drapeaux palestiniens et iraniens et scandaient «Libérez la Palestine», tandis que certains contre-manifestants brandissaient les drapeaux d'Israël et de l'Iran d'avant la révolution.

Moins d'une heure avant le début du rassemblement devant le consulat américain dans le centre-ville de Toronto, un tribunal a rejeté la demande de dernière minute du gouvernement du premier ministre Doug Ford visant à obtenir une injonction contre celui-ci, qualifiant le rassemblement de «terreau fertile pour la haine et l'antisémitisme».

Les allégations de M. Ford ont été rapidement condamnées par des groupes de défense des libertés civiles, les organisateurs qualifiant la demande d’injonction de tentative visant à faire taire la solidarité avec la Palestine et les critiques à l’égard d’Israël.

Après la décision du tribunal samedi, M. Ford a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux qu’il était «extrêmement déçu» et que la Journée d’Al-Quds «est depuis longtemps un lieu d’antisémitisme, de haine, d’intimidation et de glorification du terrorisme».

«Bien que le juge ait invoqué la Charte canadienne des droits et libertés, lorsque nous parlons de droits, nous devons être clairs sur le fait que chaque personne a droit à la sécurité et à la sûreté», indiquait son message.

«Nous devons être clairs sur le fait que personne au Canada n’a le droit d’inciter à la violence ni la liberté d’intimider et de haïr», a-t-il ajouté.

Cependant, lors de l’audience de samedi, les avocats de la province ont reconnu qu’il n’y avait aucune preuve que ces rassemblements ont déjà donné lieu à des poursuites pénales contre des manifestants.

La police a fait savoir qu’elle prévoyait de renforcer sa présence lors du rassemblement, invoquant une inquiétude accrue liée à la guerre américano-israélienne en Iran et aux coups de feu tirés contre trois synagogues et le consulat américain au cours des deux dernières semaines.

Ce rassemblement mondial est largement présenté comme un événement de solidarité avec les Palestiniens et pour la fin de l’occupation israélienne de leurs territoires. À Toronto, les organisateurs ont fait la promotion de l’événement de cette année en appelant aussi à ne pas faire la «guerre contre l’Iran et le Liban».

Al-Quds, tiré du mot arabe désignant Jérusalem, a été au centre de la controverse, en partie parce qu'il a été popularisé en Iran après la révolution de 1979.

L'une des premières promesses de M. Ford en 2018 était l'interdiction pure et simple de cette manifestation. Le gouvernement britannique a soutenu l'interdiction du rassemblement de cette année à Londres.

Jordan Omstead, La Presse Canadienne