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Une politique de CBC sur les attaques du 11 septembre déplaît aux républicains

Une politique de CBC sur les attaques du 11 septembre déplaît aux républicains
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La politique de longue date de CBC/Radio-Canada consistant à ne pas qualifier d'actes terroristes certaines attaques fait l'objet de critiques à l'approche du 25e anniversaire du 11 septembre.

CBC explique que sa politique consiste à n'utiliser les termes «terroriste» ou «terrorisme» que pour reprendre les propos de ceux qui les emploient, et à éviter de qualifier de «terroristes» des groupes ou des actes déterminés. Elle précise que d'autres organes de presse, tels que la BBC et Reuters, ont mis en place des politiques similaires.

Le diffuseur public a essuyé des critiques aux États-Unis, notamment de la part du directeur de la police fédérale américaine (FBI), à la suite d’articles de presse faisant état d’une note de service rappelant cette politique aux journalistes.

«Tout organisme canadien qui ne rejette pas publiquement cette déformation de l’histoire, qui constitue une insulte à la mémoire des victimes de la plus grave attaque terroriste de l’histoire des États-Unis, n’aura plus d’amis au sein du FBI», a déclaré le directeur de la police fédérale américaine, Kash Patel, dans un message publié en ligne jeudi soir.

Un groupe de représentants républicains au Congrès avait également publié plus tôt dans la journée: «Quel motif pourrait-il bien y avoir pour édulcorer la pire attaque terroriste sur le sol américain ? Vous voulez bien nous expliquer, @Canada ?»

Vendredi, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, s’est exprimé à ce sujet en partageant la publication de M. Patel et en soulignant que le FBI avait joué un rôle déterminant dans le démantèlement d’organisations terroristes et criminelles violentes opérant au Canada à plusieurs reprises cette année.

M. Hoekstra a ajouté: «Ne pas reconnaître ni combattre les idéologies radicales et terroristes compromet considérablement nos efforts visant à établir et à harmoniser un partenariat commun en matière de sécurité nationale et économique.»

Plus tôt cette semaine, Warren Kinsella, chroniqueur au Toronto Sun, a évoqué cette note de service, dans laquelle il indique que le personnel de CBC News a reçu pour consigne de «ne pas qualifier les attentats du 11 septembre d’attaques terroristes».

Kerry Kelly, porte-parole de la CBC, a indiqué dans une déclaration envoyée par courriel qu’il était de pratique courante pour le radiodiffuseur public de faire preuve d’une «extrême prudence» dans l’utilisation des termes «terrorisme» ou «terroriste».

Elle a précisé que cette note «rappelait une pratique de longue date qui privilégie l’utilisation de ces termes accompagnés d’une source dans nos reportages, une pratique partagée par bon nombre des plus grandes organisations journalistiques mondiales».

Mme Kelly n’a pas fourni de copie de la note de service lorsque celle-ci lui a été demandée par La Presse Canadienne.

Préserver la neutralité journalistique

Mme Kelly a renvoyé à un article publié en 2023 par le rédacteur en chef de la CBC, Brodie Fenlon. Celui-ci indique que la CBC utilise souvent le mot «terroriste», mais en précisant sa source.

«Cela signifie qu’ils indiquent également au public qui a utilisé ce terme et dans quel contexte», a écrit M. Fenlon.

«L’attribution du terme “terroriste” fait partie de notre politique depuis des décennies — une pratique reprise par d’autres organes de presse, tels que la BBC, l’AP, l’AFP et Reuters, parmi tant d’autres», a écrit M. Fenlon.

Il a précisé que CBC «ne qualifie pas elle-même des groupes de terroristes, ni des actes de terrorisme, peut importe la région où s'est déroulé l'événement et la nature de celui-ci, car ces mots sont tellement chargés de sens, de connotations politiques et d’émotion qu’ils peuvent finir par constituer des obstacles à notre travail journalistique».

M. Fenlon a publié un extrait du guide de style de la CBC qui explique cette politique. Il y est indiqué que des attaques, telles que celles du 11 septembre, les attentats de Londres en 2005 ou l’attentat-suicide à l’aéroport de Moscou en 2011 doivent être qualifiées d’«attaques», et non d’«attentats terroristes».

«En nous limitant à un langage neutre, nous ne sommes pas confrontés au problème de qualifier un incident d’«acte terroriste» (par exemple, la destruction du World Trade Center) tout en classant un autre comme, disons, un simple «attentat à la bombe» (par exemple, la destruction d’un centre commercial bondé au Moyen-Orient)», précise le message.

Le guide de rédaction de La Presse Canadienne suggère également d’éviter le mot «terrorisme», sauf lorsqu’il s’agit de reprendre ce terme utilisé par les autorités ou d’autres intervenants; toutefois, il précise également: «Après les attentats du 11 septembre 2001, presque tout le monde a admis que le fait de précipiter des avions de ligne détournés contre des tours de bureaux relevait du terrorisme. Mais il existe souvent des divergences dans la manière dont les médias définissent et interprètent d’autres activités.»

Le Parti conservateur du Canada a également critiqué la CBC dans un communiqué publié jeudi.

Le chef conservateur Pierre Poilievre a déclaré vendredi dans un message en ligne que «qualifier le 11 septembre autrement que d’attaque terroriste constitue une déformation effroyable de l’histoire. Cela déshonore les victimes et leurs familles, les survivants, ainsi que les premiers intervenants qui ont subi les horreurs de cette journée».

La porte-parole conservatrice chargée des questions culturelles, Rachael Thomas, a soutenu que le 11 septembre était une attaque terroriste, «ni plus ni moins».

Mme Thomas a ajouté que la personne responsable de cette directive devrait être licenciée et que la direction de la CBC devrait présenter ses excuses.

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne