Veillée à Ottawa pour les femmes autochtones disparues et assassinées

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Quelques dizaines de personnes vêtues de chemises et de robes rouge vif se détachaient sur fond de ciel gris mardi après-midi, sur la colline du Parlement. Elles s’étaient rassemblées pour une veillée à l’occasion de la Journée de la robe rouge, en hommage aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées.
L'événement était animé par Bridget Tolley, fondatrice de l'association Families of Sisters in Spirit.
Sa mère, Gladys Tolley, a été tuée en 2001 lorsqu’elle a été percutée par un véhicule de la Sûreté du Québec alors qu’elle traversait une autoroute dans sa communauté natale de Kitigan Zibi.
Mme Tolley a expliqué qu’elle se rendait sur la colline du Parlement pour réclamer des mesures depuis 25 ans.
«J'ai pleuré ce matin, parce que je ne voulais pas être ici. Je ne veux pas être ici, mais je dois y être. Non seulement pour ma mère, mais pour toutes nos sœurs», a-t-elle déclaré.
Kayden, le neveu de 16 ans de Mme Tolley, a parlé de son arrière-grand-mère qu’il n’a jamais connue.
«Je porte en moi sa force, son histoire, et nous avons la responsabilité de nous souvenir», a-t-il affirmé.
Il a appelé les personnes présentes à «s’exprimer, à s’informer et à défendre ce qui est juste».
Cette année marque le septième anniversaire du lancement de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et le cinquième anniversaire de la publication du plan d’action national et de ses 231 appels à l’action.
L'enquête a révélé que les femmes autochtones sont 12 fois plus susceptibles que les femmes allochtones de disparaître ou d'être assassinées.
«Nous nous sommes battues avec acharnement pour obtenir cette enquête. Nous voulions que les histoires des familles soient racontées», a déclaré Melanie Omeniho, présidente du groupe métis national Les Femmes Michif Otipemisiwak.
«Où sont ces histoires aujourd’hui? Elles ont disparu. C’est comme si elles s’étaient évaporées dans les airs, et ce n’était pas du tout le but recherché.»
Les Chefs de l’Ontario ont souligné que la journée de sensibilisation et d’action de cette année était marquée par une «préoccupation urgente», un financement fédéral essentiel étant sur le point d’expirer «sans préavis ni confirmation de renouvellement».
Le groupe a déclaré dans un communiqué de presse que la crise des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées se poursuivait.
«La décision de laisser ce financement prendre fin, alors que cette crise perdure, est inacceptable», a soutenu le chef régional de l’Ontario, Abram Benedict, dans un communiqué.
Des groupes activistes, dont le National Family and Survivors Circle, l’Association des femmes autochtones du Canada, Les Femmes Michif Otipemisiwak et Giganawenimaanaanig, ont tenu une conférence de presse le mois dernier pour réclamer d'Ottawa un financement stable et à long terme.
Ces groupes ont affirmé que les accords de financement fédéraux fragmentés entravaient leur travail de soutien aux femmes autochtones.
L'artiste métisse Jaime Black a inspiré l'utilisation de robes rouges pour représenter les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées lors d'une exposition en 2010.
Mme Black a exposé plus de 100 robes rouges sur le campus de l'Université de Winnipeg afin de sensibiliser le public à cette question.
— Avec des informations d'Alessia Passafiume
Sarah Ritchie, La Presse Canadienne