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25 janvier 2019 - 09:00

Les ceintures de sécurité dans les autobus scolaires : un projet pilote pourrait voir le jour

Par Salle des nouvelles

Un projet pilote qui permettra de définir les modalités d'installation et d'utilisation des ceintures de sécurité dans les autobus scolaires pourrait être mené auprès des transporteurs d’écoliers. C'est du moins ce qu'a laissé savoir le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau lors d'une rencontre avec ses confrères provinciaux à Montréal, le 21 janvier dernier.

Lors de cette même rencontre, le ministre a affirmé être persuadé que des ceintures augmenteraient la sécurité des écoliers.

« On ne peut pas être contre la vertu », une chauffeure d'autobus scolaires depuis plus de 20 ans et propriétaire de l'entreprise Transport Ménard & Fils de Saint-Lazare.

« C'est certain que d'un point de vue sécurité, on ne peut pas être contre. Toutefois, au niveau logistique c'est une tout autre histoire », poursuit celle qui conduit plusieurs centaines d'écoliers à l'école chaque jour.

Actuellement, dans plusieurs autobus outre le siège du chauffeur, seuls les deux premiers bancs sont dotés d'ancrages.

Pourquoi le chauffeur est-il attaché, mais pas les enfants ?

De par sa position, le chauffeur ne dispose pas des mêmes protections que les enfants.  Dans la conception et la fabrication des autobus scolaires, l'utilisation d'un système de compartimentation des banquettes a été privilégiée.

Selon les études, ce système aurait l'avantage de protéger davantage les écoliers notamment par la hauteur des dossiers, par le fait que les sièges sont rembourrés et déformables absorbant l'énergie en plus d'être suffisamment rapprochés pour créer des compartiments et qu'ils sont solidement ancrés au sol.

Des études ont également démontré qu'une ceinture mal ajustée peut causer de graves blessures à l'abdomen, à la tête et au cou.

Des autobus bondés

Bien qu'un autobus compte 48 places, il est fréquent de voir 55 enfants à bord de ce dernier.

« Bien souvent, les petits de maternelle sont assis trois par banc. Advenant qu'ils doivent tous être attachés, est-ce qu'il y aura assez de ceintures par banc? Et si on doit s'assurer que tout le monde est bien attaché, le temps d'arrêt sera forcement plus long. Il faudra revoir les trajets et possiblement mettre plus d'autobus sur la route. Si on regarde l'aspect sécurité, les ceintures sont une bonne idée, mais logistiquement parlant, il y a beaucoup de points à considérer », explique Mme Ménard.

Des procédures à revoir

Du côté de la Fédération des transporteurs par autobus, le discours est sensiblement le même.

« À la Fédération, nous sommes favorables avec le projet, mais il faudra revoir les procédures, notamment lors des évacuations », explique Martin Bureau, directeur général adjoint et directeur des communications au sein de la Fédération des transporteurs par autobus.

« Les chauffeurs d'autobus ont déjà beaucoup de tâches. Est-ce que celle de vérifier chacune des ceintures en sera une nouvelle ? Qui devra s'assurer que chaque enfant est bien attaché, que la ceinture est bien ajustée? Il y a beaucoup de choses à étudier avant de prendre une décision finale».

Le drame de Humboldt encore en mémoire

Il va s'en dire que le tragique accident impliquant un autobus et un camion et qui a coûté la vie à 16 personnes l'an dernier pose de nombreux questionnements en matière de sécurité dans les autobus.

« Ce qu'il faut savoir, c'est que dans les autocars, comme celui impliqué dans l'accident de Humboldt, tous les sièges sont munis de ceinture de sécurité et que la responsabilité de s'attacher revient aux passagers », explique M. Bureau. « Pourtant, peu de jeunes portaient la ceinture au moment de l'impact. Est-ce que le bilan aurait été moins élevé si les ceintures avaient été utilisées? Peut-être ».

M. Bureau poursuit en soulignant qu'en 33 ans aucun accident mortel impliquant un autobus scolaire n'avait été rapporté à la Fédération.

Les autobus scolaires le moyen de transport le plus sécuritaire

D'ailleurs, le 25 juin 2018, le gouvernement du Canada publiait sur son site Internet un résumé de l'étude d'impact de la réglementation concernant la sécurité des véhicules automobiles (ceintures de sécurité des autobus).

Selon le document, l'autobus scolaire constitue toujours le moyen de transport le plus sécuritaire pour les enfants qui se rendent à l'école et qui en reviennent.

De 1999 à 2008, seulement environ 1 % de tous les décès d’enfants d’âge scolaire se sont produits pendant le transport normal à bord d’autobus scolaires. La majorité des décès d’enfants, soit 67 %, sont survenus dans des accidents de véhicules légers personnels. Les statistiques démontrent également que les enfants sont 16 fois plus susceptibles d’être tués en se rendant à l’école à pied qu’en autobus scolaire.

Ce bilan de sécurité est attribuable en partie aux caractéristiques de protection des occupants qui sont exigées à bord des autobus scolaires depuis les années 1970. Les autobus scolaires sont dotés d’exigences uniques relatives au compartimentage ainsi qu’à la résistance du toit et des joints de la structure. Le compartimentage, qui se fait grâce aux sièges munis de hauts dossiers rembourrés qui sont rapprochés, protège les occupants sans avoir besoin de ceintures de sécurité.

Bien qu'aucun échéancier officiel n'ait été présenté par le ministre des Transports, ce dernier estime qu'une année sera suffisante pour mener les études nécessaires pour mener à terme le projet. D'ici là, un groupe de travail formé de commissions scolaires, de fabricants d'autobus et des différents ministres des Transports du pays se pencheront sur la question.

« Nous avons signifié notre intérêt à participer à ce groupe de travail. Reste à savoir si la Fédération pourra en faire partie », conclut M. Martin Bureau.


 

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