Des agriculteurs en colère
Des agriculteurs ont dû entreprendre des démarches juridiques pour que la MRC de Pierre-De Saurel prenne en main le creusage de leur fossé. Un épineux dossier qui leur empêche de cultiver certaines terres.
C’est que les fossés en question se trouvent dans la Baie Lavallière, un site protégé dans le cadre de la sauvegarde de la biodiversité du Saint-Laurent. Leur situation se complique puisque chaque intervention dans la baie demande l’autorisation de plusieurs ministères et organismes voués à la protection de la faune.
Les agriculteurs attendent depuis deux ans le creusage de leur cour d’eau, alors que le délai prévu à la loi est d’un an. Ils ont fait parvenir un avis de dommage, ou une mise en demeure, à la MRC Pierre-De Saurel qui a juridiction en matière d’entretien des cours d’eau.
« Ce qui m’a mis hors de moi, c’est que nous avions un engagement à l’effet que les travaux devaient débuter le 25 août, mais la MRC nous a dit qu’il devait aller en appel d’offres étant donné que ce sont des travaux de plus de 100 000 $, alors qu’ils le savaient depuis le 18 juillet », explique M. Cournoyer. « Ça nous aurait fait perdre 20 jours et ce genre de travaux doit s’effectuer entre le 1er août et le 31 septembre. Il faut absolument que ce soit fait cette année. Sinon, ce sera une autre année de récolte de perdu pour les agriculteurs. Ça aurait dû être fait l’an dernier », déplore le président du syndicat local de l’UPA.
Quelques jours après qu’il ait fait une sortie publique au dernier conseil des maires, la coordonnatrice des cours d’eau de la MRC de Pierre-De Saurel lui a proposé une solution. L’entente présentement sur la table est de trouver une pelle mécanique et d’exécuter les travaux en payant un tarif à l’heure. « Nous n’en avons pas encore trouvé qui sont intéressés à aller là-dedans, mentionne M. Cournoyer. Avec les pluies abondantes qu’on a connues, il faudra attendre au moins deux semaines avant que le niveau de l’eau baisse ».
« Dès qu’on arrive dans la baie, c’est compliqué. C’est bien beau de vouloir protéger un site, mais on a oublié les agriculteurs dans tout ça. Il y a des familles qui sont là depuis 11 générations et on leur dit tes terres, regarde… », tonne le président du syndicat local de l’UPA, Martin Cournoyer.« Les problèmes ont commencé avec le barrage aménagé par Canard Illimité Canada à la rivière du Pot-au-beurre pour faire revenir les canards. Ça a fait mourir 200 000 arbres », rappelle-t-il
« Il y a 30 âcres que les agriculteurs ne peuvent plus cultiver depuis une dizaine d’années. Ils ne peuvent même pas faire de foin qui sert comme isolant, indique M. Cournoyer. Les terres sont inondées ».
« Les cours d’eau sont pleins. Il y a accumulation de sédimentation, de racines, de feuilles, etc. Ils reçoivent tout ce que les autres leur envoie puisqu’il y a environ 85 % des eaux de la MRC qui s’écoulent vers là », continu le président du syndicat local de l’UPA.
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