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Vent d’inquiétude chez Rio Tinto Fer et Titane

« On n’est pas insensibles à ce qui arrive aux travailleurs d’Alma, et on les appuie. C’est quelque chose qui touche toutes les grandes entreprises. Dans notre cas, même si c’est une autre division, il s’agit du même employeur », souligne le président de la section locale du syndicat des Métallos, Frédérick Paradis (à droite sur la photo).
Photo: (Photo : Pascal Cournoyer)« On n’est pas insensibles à ce qui arrive aux travailleurs d’Alma, et on les appuie. C’est quelque chose qui touche toutes les grandes entreprises. Dans notre cas, même si c’est une autre division, il s’agit du même employeur », souligne le président de la section locale du syndicat des Métallos, Frédérick Paradis (à droite sur la photo).
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Le lock-out décrété par Rio Tinto Alcan (RTA) n’est pas sans inquiéter les travailleurs de Sorel-Tracy, autant ceux du complexe métallurgique que des Poudres métalliques qui devront bientôt renégocier leur convention collective.

La sous-traitance, qui est au cœur du conflit de travail qui a éclaté au tournant de la nouvelle année à l’aluminerie d’Alma, est une lutte que mène l’ensemble du mouvement syndical au Québec.

« On n’est pas insensibles à ce qui arrive aux travailleurs d’Alma, et on les appuie. C’est quelque chose qui touche toutes les grandes entreprises. Dans notre cas, même si c’est une autre division, il s’agit du même employeur », souligne le président de la section locale du syndicat des Métallos, Frédérick Paradis.

« Ce que l’on craint, c’est que la compagnie décide d’étendre le recours aux sous-traitants pour faire le travail des travailleurs syndiqués, soulève-t-il. Les sous-traitants sont engagés par un entrepreneur. Ils sont payés moins cher et ils n’ont pas d’avantages sociaux. On ne sait même pas s’ils ont des primes lorsqu’ils travaillent de soir, de nuit ou de fin de semaine, ni s’ils sont payés temps et demi lorsqu’ils font du temps supplémentaire ».

Pour le moment, la situation n’est pas la même à Sorel-Tracy qu’elle ne l’était à Alma avant que le conflit de travail éclate. « Là-bas, il y avait de la sous-traitance jusque dans les opérations de l’usine, ce qu’il n’y a pas ici, convient Frédérick Paradis. On craint toutefois que ça puisse arriver à un moment donné ».

« Pour le moment, le recours à la sous-traitance se limite surtout pour des travaux de changement et de réparation d’équipements, de la modernisation ou pour des agrandissements. Depuis le printemps, le recours aux sous-traitants est en expansion en raison des nombreux investissements au complexe métallurgique », indique-t-il.

« Il y a tout de même les gars qui sont affectés à la maintenance qui se plaignent qu’il y a du travail qui pourrait être fait à l’interne, mais qui est confié à des sous-traitants, souligne Frédérick Paradis. C’est certain que l’entreprise a des délais à rencontrer, mais on veut s’assurer que ça se fasse correctement, autant pour le bon fonctionnement de l’usine que pour nos syndiqués ».

« On reste vigilant pour s’assurer que tout ce qui pourrait être fait par les syndiqués le soit avant que la compagnie ait recours à des sous-traitants », assure le président du syndicat.

On prépare la table pour 2013

Le nouveau contrat de travail devra être renégocié bientôt puisqu’il prendra fin en 2013. Du côté syndical, on est satisfait de la présente convention collective. « Il n’y a que des petits éléments que nous voudrions revoir, comme l’interprétation de certaines clauses », indique le président syndical.

« Nous espérons qu’il n’y ait pas une aussi grande augmentation du recours à la sous-traitance, mais rien ne le laisse présager pour le moment, continue-t-il. Nous sommes en préparation. Nous étudions la convention collective pour s’assurer d’éliminer certaines zones grises ».

« Nous n’avons pas encore établi nos priorités, mais nous aimerions qu’il y ait un plus grand respect de l’ancienneté dans l’attribution des postes et dans la formation, particulièrement aux Poudres métalliques », conclut-il.

Une situation complètement différente

Du côté patronal, on assure que la situation qui prévaut à Alma n’est pas la même que celle de Sorel-Tracy. « Il y a cinq divisions chez Rio Tinto, rappelle la chef de service des communications chez Rio Tinto Fer et Titane (RTFT), Nathalie Lemay. Chacune d’entre elles fonctionne d’une façon complètement différente ».

« Là-bas, c’est une aluminerie, tandis qu’à Sorel-Tracy et à Havre-Saint-Pierre, nous sommes dans la division des diamants et minéraux. Au quotidien, ce sont des entreprises qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière », note-t-elle.

« C’est important que les gens comprennent. Ils font facilement des liens, mais ce sont des situations qui sont complètement différentes », poursuit Nathalie Lemay, sans vouloir commenter le conflit de travail qui a éclaté chez RTA.

« Pour le moment, tout fonctionne normalement, mentionne-t-elle. Nous n’avons pas encore abordé la question de la sous-traitance, mais ce qui se passe chez Rio Tinto Alcan ne nous influencera pas lorsque viendra le temps des négociations ».

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