Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

La pénurie de pharmaciens inquiète

durée 12h00
13 février 2022
ici

commentaires

ici

likes

imprimante

La pénurie de main-d’œuvre chez les pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) est toujours aussi inquiétante.

Selon la dernière enquête annuelle de l’Association, le taux de pénurie au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec s’élevait à 28 %, soit 28 postes de pharmaciens d’établissements non comblés au 1er avril 2021.

À l’échelle du Québec, environ un poste de pharmacien d’établissement sur cinq (18 %) était non pourvu. Toujours au 1er avril 2021, l’enquête a révélé que 280 postes en équivalent temps complet (ETC) étaient non pourvus et que 6238 jours de dépannage ont été requis du 1er avril 2020 au 31 mars 2021.

Le recours au dépannage a donc augmenté de 735 jours comparativement à la situation au 1er avril 2020. De plus, le manque de pharmaciens d’établissements continue de se faire sentir dans toutes les régions du Québec. Cette pénurie perdure maintenant depuis 20 ans.

Des répercussions

L’insuffisance de pharmaciens est d’autant plus préoccupante du fait qu’elle affecte l’ensemble de la couverture de soins pharmaceutiques du réseau de la santé. En effet, selon des données internes de l’A.P.E.S., de nombreux CHSLD n’ont pas de pharmaciens pour prendre en charge la pharmacothérapie des patients et la situation est tout aussi problématique pour les soins de courte durée.

Par exemple, au Québec, seulement 27 % des besoins de soins pharmaceutiques des patients sont couverts en santé mentale (clientèle hospitalisée), alors qu’ils sont couverts à 42 % dans les urgences et à 26 % pour les patients atteints de maladies rénales, dont ceux en dialyse (clientèle des cliniques ambulatoires).

« Tout en visant à combler les besoins actuels, il faut aussi voir venir à moyen terme et considérer ceux que génèrent le vieillissement de la population, la multiplication des maladies chroniques et la construction de nouvelles infrastructures en santé, comme les maisons des aînés et alternatives ainsi que les nouveaux hôpitaux. Car on devra inévitablement créer des postes dans tous ces milieux pour répondre aux besoins croissants », fait valoir Linda Vaillant, pharmacienne et directrice générale de l’A.P.E.S.

Des solutions

Le renouvellement de l’entente de travail, entérinée par les membres de l’A.P.E.S. le 20 janvier 2022, constitue une avancée pour lutter contre la pénurie de pharmaciens d’établissements. Toutefois, la situation est encore loin d’être résolue et pour parvenir à des solutions durables, l’A.P.E.S. souhaite travailler de concert avec le gouvernement du Québec.

« La nouvelle entente de travail contribuera certainement à soutenir les efforts d’attraction et de rétention de pharmaciens en établissement. On doit cependant s’assurer en tout temps de demeurer compétitif avec les pharmacies privées sur le plan du salaire offert aux pharmaciens salariés. Autrement, le réseau de la santé et des services sociaux perdra des candidats », rappelle le président de l’A.P.E.S., le pharmacien François Paradis.

« Si l’on veut parvenir à des solutions complètes et durables, le gouvernement devra aussi poser des gestes concrets pour valoriser la profession et encourager la réalisation de la maîtrise en pharmacothérapie avancée. C’est primordial pour doter les établissements de santé de pharmaciens adéquatement formés dans tous les secteurs de soins où leur expertise est nécessaire. Il y a urgence d’agir », poursuit M. Paradis.

Plus précisément, l’A.P.E.S. demande au gouvernement d’augmenter les admissions à la maîtrise, qui est nécessaire pour exercer en milieux de soins aigus, ainsi que le nombre de bourses. Elle lui demande également de travailler de concert avec les facultés de pharmacie afin de rendre le programme de maîtrise plus accessible aux étudiants, notamment en leur permettant de suivre le bloc de cours à distance. En offrant plus de flexibilité, une telle mesure faciliterait la formation de nouveaux pharmaciens, particulièrement en région.

« Ces actions, jumelées à la mise en place d’une campagne pour promouvoir la profession de pharmacien d’établissement de santé, contribueraient sans aucun doute à accroitre l’attractivité de la profession. C’est ainsi que nous en viendrons à résorber la pénurie de longue date et que nous pourrons répondre aux besoins de la population. C’est pourquoi l’A.P.E.S. offre sa pleine collaboration au gouvernement pour mettre en place ces mesures », conclut Linda Vaillant.

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 9h00

La limite sur les frais pour insuffisance de fonds entre en vigueur jeudi

Un nouveau règlement est désormais en vigueur afin de limiter les frais que les banques peuvent facturer aux clients dont le solde bancaire est insuffisant pour couvrir un chèque ou tout autre prélèvement préautorisé. Le nouveau plafond canadien pour les frais d’insuffisance de fonds est fixé à 10 $ pour les comptes de dépôt personnels. Les ...

Publié le 10 mars 2026

TikTok continuera d'exercer ses activités au Canada, sous certaines conditions

TikTok est autorisée à poursuivre ses activités au Canada après que le gouvernement ait conclu un examen de sécurité nationale. La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, a indiqué que cette décision était soumise à certaines conditions, notamment que TikTok renforce la protection des mineurs et des informations personnelles de tous les ...

Publié le 9 mars 2026

Les ventes d'alcool ont encore baissé l'an dernier, selon Statistique Canada

Des données récentes de Statistique Canada montrent que les magasins d'alcool ont enregistré une baisse de 1,6 % de leurs ventes en 2025. «La baisse des ventes d'alcool s'est produite malgré une augmentation de 1,6 % du prix des boissons alcoolisées dans les magasins entre mars 2024 et mars 2025», indique l'agence, soulignant que «c'est la ...