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Dur retour à la réalité scolaire… même en 1896 !

les vacances d’été vont bientôt se terminées – ou le sont déjà pour certains – et les étudiants devront penser à retourner sur les bancs d’école pour étudier. Cette réalité ne date pas d’hier. Annette Chapdelaine, en 1896, en savait quelque chose.

Née à Sorel le 24 juin 1880 de l’union de William-Henry Chapdelaine et de Caroline Labelle, Annette fait ses études au Couvent Saint-Pierre de Sorel, institution fondée en 1858. Voici un texte qu’elle a rédigé dans son cahier d’école le 4 septembre 1896.

« Quel changement extraordinaire en si peu de temps ! Hier, j’étais au milieu de mes bons parents, jouissant du bonheur de la vie domestique et, aujourd’hui, je reviens à ma vie d’écolière.

« Hier, j’étais à Montréal revoyant tous mes parents et mes amies, visitant les divers mouvements de la ville, allant par terre et par eau. Hier, tout était gai, aujourd’hui… c’est le silence. Le silence austère de l’étude.

« Hier, je revoyais une amie dont le souvenir m’est si cher je recevais la visite d’un parent depuis si longtemps attendu, je jouissais du bonheur d’une réunion d’amies. Hier, tout était rose, rose de gaité, de plaisirs. Aujourd’hui… c’est le travail, c’est le devoir, et s’il est bien accompli, ce sera encore le bonheur !

« Donc, c’est aujourd’hui que je commence la nouvelle année scolaire et qu’il faut reprendre avec un nouveau courage ses livres et cahiers pour nous faire oublier le plaisir d’hier. »

Et la religieuse qui lui enseigne lui laissant cette note encourageante en rouge, au bas du texte : « Puissent les épines d’aujourd’hui et de demain protéger les roses d’hier. »

La rentrée scolaire sonne peut-être le glas des vacances d’été, mais elle laisse de précieux souvenirs, même au cœur d’Annette qui rédige un texte en tant que présidente honoraire de l’Amicale du Pensionnat de Sorel, 62 ans plus tard, dans le cadre du centenaire du Couvent Saint-Pierre.

« À l’automne de la vie, les souvenirs d’autrefois sont comme des jours de printemps remplis de soleil, de fleurs et de chansons ! C’est bien ainsi que m’apparaissent les années vécues à mon alma mater, années que je place au tout premier rang, comme étant les plus belles de ma vie. »

La laïcisation de l’enseignement fut l’une des principales transformations de la Révolution tranquille dans les années 1960. C’est alors qu’apparurent ici, comme partout au Québec, la commission scolaire, nos deux polyvalentes, puis le Cégep de Sorel-Tracy.

Les « joies » de la rentrée scolaire, pour les enfants comme pour les parents, font aujourd’hui partie de notre histoire… de chaque automne !

Mylène Bélanger, archiviste en chef à la Société historique Pierre-de-Saurel

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