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Les débuts de l’enseignement à Sorel

En 1824 a été votée la Loi des écoles de fabrique autorisant le curé et les marguillers à utiliser le quart des recettes de la paroisse pour financer des écoles. En 1868, une souscription permet d’ouvrir un collège classique pour 350 élèves. Il est dirigé par un prêtre, le curé Millier. Les professeurs sont fournis par l’Évêque de Saint-Hyacinthe.

L’espace manquant, le collège est reconstruit voisin du cimetière protestant, sur la réserve militaire. Les subventions venant à manquer, le collège est vendu aux enchères pour y établir une école supérieure de langue anglaise, le Lincoln College.

En septembre 1883, 66 jeunes gens de Montréal, issus de familles riches viennent étudier au Lincoln College. Pour suivre ces cours, les parents doivent débourser de 300 $ à 400 $.

Ce dernier ferma ses portes en 1888 et fut acheté en 1896 par les frères de la Charité, communauté originaire de Belgique, qui s’occupait des vieillards et des orphelins. Ils ont fondé, à Montréal, le Mont-Saint-Antoine pour y accueillir les jeunes délinquants et, par la suite, la Retraite Saint-Benoît pour soigner les alcooliques et les déficients mentaux.

Le Lincoln College est renommé « le Mont-Saint-Bernard ». Ce collège privé donna des cours de commerce et de sciences très appréciés par la population soreloise jusqu’en 1928.

En 1860, une ère de prospérité règne à Sorel. Les contrats pour plusieurs édifices furent mis en marche. Après le palais de justice, en face du carré royal, on construit le collège Sacré-Cœur, sur la rue Prince, et un couvent et un hospice, sur la rue George.

La Commission scolaire acheta en 1886 l’édifice de la rue Prince. L’enseignement fut confié aux frères des Écoles chrétiennes. Ces religieux se retirèrent en 1886 et furent remplacés par les pères de Sainte-Croix qui quittèrent aussi en 1909.

Le 15 septembre 1909, en présence du notaire J. B. Théophile Lafrenière, le président de la Commission scolaire, le docteur Jean-François-Régis Latraverse, et du révérend frère Philémond S’Papen, un contrat est signé en vertu duquel les frères de la Charité dispenseront l’enseignement primaire au salaire annuel de 250 $ par professeur. En 1909, on compte 500 élèves. Ceux qui désiraient poursuivre des études supérieures pouvaient le faire en s’inscrivant au Mont-Saint-Bernard, une école privée.

Les cours comprennent les langues française et anglaise, la calligraphie, l’histoire, la géographie, l’arithmétique, la tenue de livres simple et double, les opérations de banque, la correspondance commerciale en anglais et en français, la télégraphie et la sténographie, ainsi que le dessin linéaire et à main levée. Soit tout ce qui constitue une éducation commerciale et industrielle.

En 1928, les frères annoncent la fermeture du Mont-Saint-Bernard pour le convertir en maison de formation pour préparer les futurs frères. Cette fermeture inquiète les Sorelois. Le révérend frère Magnile de Ruysscher les rassure en expliquant que le but est de former de meilleurs professeurs et de rendre accessibles les études supérieures à tous les jeunes Sorelois.

Le Mont-Saint-Bernard était un collège privé, donc les parents devaient payer les études de leurs enfants. Les moins fortunés étaient limités aux études primaires du collège Sacré-Cœur. Cette décision fut très mal accueillie par les autorités de la ville. Ils devaient prendre à leur charge les études supérieures, ce qui causa des hausses de taxes.

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Roland Plante, Société historique Pierre-de-Saurel, www.shps.qc.ca

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