Nous joindre
Publicité

Vous avez dit photographie composite

À la suite de plusieurs questionnements soulevés sur la page Facebook de la Société (que je vous invite d’ailleurs à consulter, aimer et partager : http://www.facebook.com/shpierre.de.saurel), j’ai décidé de profiter de cette chronique pour présenter la photographie composite.

Mais qu’est-ce que ce truc, me direz-vous. Qu’est-ce que ça mange en hiver ? Eh bien voilà : au XIXe siècle, le temps de pose pour une photographie était très long (environ une heure !) puisque le procédé consistait en une émulsion lente. De ce fait, plusieurs sujets finissaient par bouger et la photographie était brouillée. Tout le long processus était donc à recommencer. De plus, une photographie réunissant plusieurs personnes se révélait encore plus difficile pour le photographe.

Et dans le cas des photographies d’extérieur ? Eh bien encore beaucoup de problèmes liés aux limites techniques de la photographie. Transporter tout le matériel nécessaire – c’était loin de la caméra numérique d'aujourd'hui – ainsi que les sujets, que ces derniers ne bougent pas et qu’ils paraissent à leur mieux, tout cela était pratiquement impossible.

La photographie composite se déclara donc comme la solution idéale aux maux de tête des photographes. Grâce aux conditions contrôlées en studio, chaque personne était photographiée individuellement et disposait parfois d’un support l’empêchant de bouger la tête. On photographiait la pièce seule, par exemple le salon, on agrandissait ensuite le cliché et on ajoutait les sujets.

Ce collage permettait également d’inclure tous les membres de la famille. Ceux résidant à l’extérieur (par exemple en pensionnat) pouvaient faire parvenir un portrait qui était intégré à la photographie finale.

Puisque la plus grande fascination de l’époque consiste au réalisme de la photographie, il arrivait également que le photographe ajoute de la couleur aux photographies développées, qui étaient alors en noir et blanc, par exemple en coloriant ou en peinturant certaines parties. Chez les femmes, les joues étaient souvent rosées.

Pour les scènes d’extérieur, on restait au studio ! Les mises en scène étaient très communes à l'époque pour des photographies. Nous pourrions dire que plusieurs de ces photographies étaient « truquées ». Le photographe prenait plusieurs photographies différentes, découpait les éléments qui l'intéressaient sur chacune, faisait un collage et prenait une photo de ce collage qui constituait le cliché final.

Cette méthode prit fin au XXe siècle avec l’apparition progressive de la photographie en couleur. Mais nous nous devons d’applaudir la débrouillardise des photographes de l’époque !

Visitez la page Facebook de la Société historique Pierre-de-Saurel.

Mylène Bélanger, archiviste en chef à la Société historique Pierre-de-Saurel

RECOMMANDÉS POUR VOUS