La remontée de Massueville
Amateur des grands espaces, Denis Marion habite Massueville depuis une quinzaine d’années. « C’est ce qui m’a séduit au départ, de me retrouver dans un milieu agricole. J’aime la vie de village, les vieilles maisons, le patrimoine, la solidarité, le lien qui s’installe dans une petite communauté… avec ce que ça a de positif et de négatif, ce qui pousse les gens à faire des choses », confie-t-il d’emblée. Celui-ci a eu la piqure pour la vie municipale en s’impliquant dans sa communauté. Cinq années après s’être installé dans ce village, celui-ci se joignait au conseil municipal. L’année 2011 est sa sixième à titre de maire.
Revenir de loin
Municipalité jugée dévitalisée par le gouvernement, Massueville – tout comme Saint-Joseph-de-Sorel qui se retrouve dans la même situation – travaille depuis ces années sur sa relance. Malgré le titre peu enviable, M. Marion refuse de se répandre dans le misérabilisme. « Ce n’est pas que “ça va mal”, “c’est difficile” plutôt », nuance-t-il avant de généraliser. « En fait, la vie est difficile dans plusieurs petites municipalités du Québec ». En étroite collaboration avec différents paliers gouvernementaux (M. Marion est notamment membre d’une commission sur le développement social de la Fédération Québécoise des Municipalités en plus de participer aux conseils d’administration du Réseau québécois des Villes et Villages en santé et de l’Institut national de santé publique du Québec), le maire de Massueville multiplie les engagements qui pourraient profiter à sa communauté. « C’est aussi une force pour une municipalité d’avoir un maire actif au niveau municipal, mais aussi régional», mentionne-t-il avant de préciser sa vision. « Ça peut ouvrir nos horizons, ça nous oblige à nous remettre en question, de voir notre travail accompli de façon différente ».
Bien que la pente à gravir est aussi longue qu’ardue, M. Marion constate de plus en plus d’indices démontrant que le plan de relance de la municipalité porte fruit. « Y’a quand même un lot de bonnes nouvelles », s’exclame-t-il lorsqu’on lui demande un premier bilan de l’année 2011 à ce jour. « Une de ces nouvelles n’est pas fondamentalement importante et est plutôt passée inaperçue, mais je m’y accroche tout de même : Massueville est passé, depuis janvier 2011, de 503 à 508 habitants. » Une bonne nouvelle pour la municipalité dont la population chutait depuis 1971. « Ça ne représente que 1%, on ne sabre pas le champagne, mais c’est quand même la première augmentation depuis des années! C’est stimulant de constater que de nouvelles personnes choisissent de se joindre à notre communauté, d’y participer, etc. »
Il faut dire que les élus et habitants de Massueville se retroussent les manches depuis des années. En 2004, par exemple, on revampait le parc de la municipalité. Cette année, c’était autour de la rue principale d'être remise en état. « Ça peut sembler anodin, mais pour une petite municipalité dont le budget annuel se chiffre autour de 500 000 à 600 000$, un projet chiffré à 3M$ représente beaucoup », explique le maire. « C’est aussi significatif pour une municipalité qui avait l’habitude de voir ses installations se dégrader au fil du temps. »
Et lorsque ce n’est pas l’arrivée de nouvelles familles qui amène ce constat, c’est L’Actualité qui rappelle aux Massuevillois que leur communauté est vibrante.
Projets et confiance
Parmi les moyens privilégiés par les élus de Massueville pour relancer leur municipalité et leur MRC: une attitude proactive. « Les élus ne peuvent pas s’assoir sur leurs mains et regarder le train passer. On doit s’activer, bouger et développer des projets », martèle M. Marion tout en prêchant pour un suivi serré des différentes activités communautaires et économiques du territoire. « Les élus doivent être très près des projets qui se développent dans leurs communautés. Sinon, des gens d’affaires pourraient se dire “À quoi ça sert d’investir dans cette région quand même les élus municipaux n’y semblent pas intéressés.” De plus, pour arriver à suivre la cadence, Denis Marion croit que les élus doivent collaborer avec les différents comités et bénévoles de leur municipalité. « Travailler sur un plan pour revitaliser un milieu, c’est aussi dire aux gens ‘Tentons de trouver des solutions!’ »
« On ne veut pas qu’“exister“, on veut aussi contribuer au développement de la région. » Denis Marion, maire de Massueville
D’ailleurs, l’hiver dernier, les magistrats de Massueville rencontraient leurs citoyens pour mieux déterminer leurs priorités. Parmi celles-ci : le développement résidentiel et l’élaboration de stratégies pour recruter de nouveaux citoyens et augmenter la qualité de vie des habitants. « Il faut non seulement travailler, mais aussi être à l’écoute de ces gens-là », affirme le maire. « Un autre de nos défis au cours des prochains mois sera, justement, de s’assurer que ces bénévoles aient un mot à dire dans les affaires de leur municipalité. »
Ne désirant pas s'avancer sur le fameux procès à venir qui oppose Sorel-Tracy et la MRC à la SDD, M. Marion - qui, en octobre 2010, démissionnait de ses fonctions à la MRC en compagnie de M. Raymond Arel, maire de Saint-David, afin de s'opposer à la décision du conseil favorisant l'enfouissement des déchets - s'est tout de même prononcé sur les scandales liés au monde de la construction dévoilés plutôt cette année et qui ont notamment entachés la réputation d'élus de Montréal, Laval et de Mascouche. « Ce qui est dramatique là-dedans, c'est que toutes ces odeurs nauséabondes de scandales nuisent à la confiance des gens vis-à-vis leurs élus et institutions et c'est drôlement dangereux. Cette capacité de nous gouverner, d'avoir le pouvoir d'élire nos propres représentants et d'avoir une vie démocratique plus riche que plusieurs pays est précieuse », explique-t-il avant d'affirmer qu'il tient à ce qu'une commission d'enquête se tienne sur ce milieu. « Ça me préoccupe, car si les citoyens s'engagent moins dans leur communauté, plusieurs projets battront de l'aile, car le dynamisme même d'une municipalité découle de cet engagement. Si les gens se disent ‘Ça ne vaut pas la peine. De toute façon, c'est tous des pourris', ils ne voudront pas s'engager, se préoccuper d'enjeux, monter des entreprises ici, faire du bénévolat, etc. »
La situation est telle que M. Marion veut en faire une priorité. « Il faudra faire face à cette problématique prochainement d'ailleurs. Redonner confiance aux électeurs, car la possibilité d'élire leurs élus demeure une chose précieuse. C'est une responsabilité qui repose sur les épaules des élus de tous les paliers. Les élus doivent se mériter cette confiance. » À Massueville, cette confiance se traduit par de nombreux bénévoles s'activant dans les différents projets et comités s'affairant dans la municipalité. « Nous sommes chanceux, car notre milieu est très actif. Il faut donc travailler avec ces bénévoles, mais aussi être à l'écoute de ces gens-là. D'ailleurs, un autre de nos défis au cours de ces prochains mois sera de s'assurer que ces bénévoles aient un mot à dire dans les affaires de notre municipalité, mais aussi de notre MRC », ajoute-t-il avant de conclure que « Massueville n'est qu'à 25 kilomètres de Sorel-Tracy. Elle ne peut pas se contenter d'être un coin dans un champ. Elle doit faire partie d'un ensemble plus grand. C'est fondamental qu'elle participe à l'avenir de la MRC. »
Prochaine séance ordinaire des membres du conseil de Massueville : le 6 septembre dès 19h30. La séance se tiendra à l’École Christ-Roi (270 rue Bonsecours). Information : www.massueville.net
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Mark Carney suggère que son projet de loi n'abaisse pas les normes environnementales
Le premier ministre Mark Carney a défendu jeudi, à la Chambre des communes, le projet de loi C-39 de son gouvernement visant à accélérer la réalisation de grands projets, laissant entendre qu'il n'est pas question, dans ce dossier, d'abaisser les «standards», notamment en matière de protection environnementale. La pièce législative, ...
LIRE LA SUITE
L'abandon de la politique relative aux parrainages fait l'objet d'une enquête
Le ministère de l'Immigration surveillera les éventuels effets négatifs d'une décision récente de ne pas prolonger une mesure qui accordait des dérogations en matière de parrainage pour l'obtention du statut de résident permanent à certains réfugiés, a indiqué mercredi la ministre de l'Immigration, Lena Diab. Cette mesure avait été ...
LIRE LA SUITE
Le Canada travaille avec des partenaires sur la sécurité de l'IA
Le ministre responsable de l'Intelligence artificielle, Evan Solomon, a affirmé mercredi que le Canada collaborait avec d'autres pays sur la sécurité de l'IA, mais a laissé entendre que le gouvernement ne jouait pas un rôle de premier plan sur la scène internationale. Le Canada figurait parmi les 20 pays qui ont publié mardi, lors de ...
LIRE LA SUITE