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Politique fédérale

Taux directeur: le gouverneur de la Banque du Canada réplique aux premiers ministres

Taux directeur: le gouverneur de la Banque du Canada réplique aux premiers ministres
Photo: La Presse Canadienne, 2023
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Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a servi le mois dernier un avertissement aux premiers ministres provinciaux qui ont publiquement demandé à la banque centrale de ne pas augmenter son taux directeur, leur signalant que leurs demandes pourraient nuire à l'indépendance de l'institution.

Les premiers ministres de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de Terre-Neuve-et-Labrador ont écrit au gouverneur Macklem avant la décision de la Banque du Canada sur les taux d'intérêt, le 6 septembre, lui faisant part de leurs inquiétudes quant aux effets de la hausse des taux sur leurs résidents et demandant à la banque centrale de ne pas augmenter davantage son taux directeur.

Dans une lettre datée du 13 septembre, Tiff Macklem a prévenu que les instructions ou demandes des élus pourraient donner l'impression que l'indépendance de la Banque du Canada était menacée.

La réponse est intervenue une semaine après que le conseil des gouverneurs de la banque centrale ait décidé de maintenir inchangé son taux directeur. Bien que le gouverneur Macklem ait reconnu que des taux d'intérêt plus élevés rendaient la vie difficile aux Canadiens, il a également souligné que l'inflation, que des taux d'intérêt plus élevés sont censés combattre, nuit aux personnes les plus vulnérables de la société.

«Même si je suis très heureux de connaître votre point de vue sur l'impact de nos décisions politiques, les instructions ou les demandes des élus sur la manière dont nous devrions fixer les taux d'intérêt pourraient donner l'impression que l'indépendance opérationnelle de la Banque du Canada est menacée. Je suis sûr que vous conviendrez que ce serait malheureux», a écrit Tiff Macklem dans ses réponses à chacun des premiers ministres. «L'indépendance opérationnelle est essentielle à la légitimité de la banque centrale et à l'efficacité de la politique monétaire en tant que moyen de parvenir à la stabilité des prix.»

La prudence du gouverneur semble toutefois avoir été contournée par le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, qui a une fois de plus envoyé une lettre exhortant la banque centrale à ne pas augmenter les taux d'intérêt alors qu'elle se prépare à livrer ce mercredi une autre annonce. Dimanche, M. Ford a publié une lettre datée du 22 octobre sur X, la plateforme anciennement connue sous le nom de Twitter.

On s’attend généralement à ce que la Banque du Canada maintienne son taux d’intérêt directeur stable cette semaine alors que l’économie s’affaiblit et que l’inflation ralentit. Les dernières données mensuelles sur l'inflation, publiées la semaine dernière, ont montré que la croissance des prix avait ralenti à 3,8 % en septembre; c’était mieux que ce que prédisaient de nombreux économistes.

L’échange entre Tiff Macklem et les premiers ministres provinciaux est le dernier exemple de la surveillance politique accrue à laquelle la Banque du Canada est confrontée pour ses décisions politiques après la pandémie de COVID-19, alors que le Canada était confronté à ses niveaux d’inflation les plus élevés en 40 ans.

L'année dernière, le chef du Parti conservateur (PCC), Pierre Poilievre, s'était engagé, s’il était élu, à congédier Tiff Macklem, accusant la banque centrale d'être responsable de la montée de l'inflation.

Pendant ce temps, le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'est prononcé contre les augmentations des taux d'intérêt et a récemment suggéré que le gouvernement fédéral puisse demander à la Banque du Canada de cesser de les augmenter.

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a également été critiquée le mois dernier pour avoir déclaré que la décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur stable était un «soulagement bienvenu pour les Canadiens». 

Lors d'une conférence de presse au début du mois, Tiff Macklem a déclaré que les perturbations liées à la hausse des taux d'intérêt dans les sphères politique et publique étaient les symptômes d'une inflation élevée.

« Malheureusement, je pense que ce que vous voyez correspond exactement à l’effet de l’inflation. L’inflation érode la confiance dans les institutions, elle érode la confiance dans les gouvernements. Cela donne aux gens le sentiment de se faire arnaquer. Nous voyons plus de grèves dans ce pays, vous voyez plus de grèves dans d'autres pays. Ce sont des symptômes de l'inflation », a-t-il déclaré.

Restaurer la stabilité des prix est le meilleur moyen de résoudre ces problèmes, avait alors déclaré le gouverneur, tout en reconnaissant qu'y parvenir ne serait pas facile et entraînerait des difficultés financières pour les familles.

Nojoud Al Mallees, La Presse Canadienne

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