Une trentaine d'étudiants font leur entrée à l'Institut Kiuna
La toute nouvelle institution porte le nom de Kiuna, qui signifie « à nous » en langue abénakise.
Le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN) a donné le coup d’envoi à l'Institution postsecondaire des Premières Nations (IPPN) située à Odanak le 20 août dernier. Lors de la rentrée, le 22 août, la première cohorte comptait une trentaine d’étudiants.
La toute nouvelle institution porte le nom de Kiuna, qui signifie « à nous » en langue abénakise.
La directrice associée de l’établissement, Prudence Hannis, a déclaré que « l’Institution Kiuna s’est donné pour mission de former des citoyens des Premières Nations compétents dans leur domaine respectif, fiers héritiers de leur patrimoine culturel, socialement responsables, soucieux du bien-être de leur communauté et ouverts sur le monde ».
L’Institution promet d'offrir une éducation de qualité dans un environnement qui tient compte de la culture et des traditions des Premières Nations. Elle vise à favoriser l’accès aux études postsecondaires, la réussite scolaire et le taux d’obtention d’un diplôme chez les jeunes et les adultes qui s'y inscrivent.
« Cette ouverture concrétise plusieurs années d’efforts et de travail du personnel du CEPN, des cégeps partenaires et du gouvernement provincial », a précisé la directrice générale du CEPN, Lise Bastien.
«Pour nos jeunes, il s’agit d’une occasion d’évoluer dans un milieu d’enseignement qui tient compte de leur réalité, qui leur permet de se concerter et d’avoir des échanges fructueux entre Premières Nations », a précisé Mme Bastien. Selon elle, une telle initiative constitue un pas de plus vers l’autonomie des établissements d’enseignement des Premières Nations.
L’Institution Kiuna offrira un programme bilingue unique en Sciences humaines — Premières Nations, accrédité par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) du Québec. Il mène à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC). Les programmes d'études de l'IPPN ont été élaborés par le Conseil en éducation des Premières Nations, en collaboration avec le Collège Dawson et le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue. Pour cette première session, l'Institut offrira le programme de sciences humaines.
Financement
Au total, le gouvernement du Québec a investi près de 4,5 millions de dollars dans la création de cet établissement d'enseignement. La plus grande part du financement provient du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, qui y consacre 3,9 millions de dollars. Ce ministère versera également une allocation minimale de 2 millions de dollars, répartie sur cinq ans pour soutenir l'offre de formation. De plus, il paiera les frais de location et d'exploitation du bâtiment, ainsi qu'une partie du coût du mobilier et de l'équipement, à hauteur de 1,9 million de dollars.
Le Secrétariat aux affaires autochtones a pour sa part accordé une subvention de 434 975$ provenant du Fonds d'initiatives autochtones et une garantie de prêt de 295 181 $ pour permettre la construction de l'IPPN. Il a aussi versé au Conseil en éducation des Premières Nations une aide financière de 125 000 $, provenant du Fonds Organismes autochtones, pour en assurer la gestion les cinq premières années, soit 25 000 $ par année.
« En 2006, lors du Forum socioéconomique des Premières Nations tenu à Mashteuiatsh, le gouvernement du Québec s'était engagé à soutenir la création d'un centre d'études collégiales autochtone. J'y étais, et voilà qu'aujourd'hui, je participe à son inauguration, c'est formidable! Nous pouvons être fiers de la mobilisation des nombreux acteurs qui a permis la réalisation de ce projet. Je suis persuadé que l'Institut favorisera l'émergence d'une nouvelle génération d'étudiants autochtones mieux outillés pour contribuer au dynamisme de leur communauté et jouer pleinement leur rôle dans la société québécoise moderne», a indiqué le ministre Kelley.
« Chaque réussite scolaire concrétisée ici, à Odanak, constituera une victoire dans la mesure où elle portera une étudiante ou un étudiant autochtone vers un avenir meilleur. Dans cette perspective, le fait que la mission éducative de l'Institut tienne compte de la diversité culturelle de sa clientèle représente assurément un atout majeur », a renchéri la ministre Line Beauchamp.
Le CEPN a tenu à souligner l’engagement de la communauté d’Odanak dans ce projet, notamment par sa participation à la construction de l’édifice. Cette construction représente non seulement un apport à l’avancement de l’éducation des Premières Nations, mais elle se veut également un bel outil de développement économique pour la communauté abénaquise.
Pour plus d’information, consultez le site Internet de l’Institution : http://www.ippn-fnpi.com/
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