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Une jeune maman gagne son combat contre le cancer du sein

Quand le diagnostic de cancer du sein tombe, c’est toute notre vie qui bascule à compter de ce jour. Pour Ann Coton, le combat a débuté le 9 janvier 2006. Cette date, elle n’est pas prête de l’oublier. Elle était alors âgée de 29 ans et maman d’une petite fille de quatre ans, travaillait à la SAQ de Sainte-Julie et filait le parfait bonheur avec son conjoint. Désormais, elle devrait trouver le courage de se battre.

Comment tout cela a-t-il débuté?

Je venais de faire une fausse couche en octobre et j’allais consulter pour des saignements. Entretemps, j’avais décelé une petite masse sur mon sein droit que je voulais faire vérifier. J’avais déjà plusieurs cas de cancer du sein dans ma famille, c’est pourquoi je faisais souvent l’auto-examen de mes seins. À mon âge, les gynécologues ne procédaient pas à cet examen. Je me suis rendue à l’urgence et j’ai vu un médecin consciencieux qui a regardé tout de suite la masse, qui était alors la grosseur d’un petit pois. Elle a rapidement grossi pour atteindre la forme d’une petite galette de sept centimètres de large, qui se propageait très vite.

Comment ton cancer a-t-il été décelé?

Dans la même soirée, j’ai passé une radiographie, une mammographie, une biopsie à la Clinique de radiologie Sorel-Tracy. Après la biopsie, j’ai pu voir rapidement les images et on le voyait clairement; c’était gros avec la tache noire et les dépôts de calcaire caractéristiques. Selon le médecin présent, c’était clair à 99 % que c’était un cancer. Il m’a conseillé de me faire traiter à la clinique du sein du CHUM. Je n’ai pas hésité. Deux jours après, on me recevait à Montréal pour une batterie de tests : électrocardiogramme, scan, résonnance magnétique, de nouvelles échographie, mammographie et biopsie. Les résultats de la résonnance magnétique ont montré trois masses non palpables et localisées dans mon sein gauche, d’entre trois et sept millimètres.

Parle-moi de ton parcours…

À partir du 20 février, j’ai commencé par la chimiothérapie pour réduire la grosseur des masses et j’ai même participé à un protocole de recherche. J’ai reçu des traitements de chimio à l’«abraxane» qui, sans empêcher la chute de mes cheveux, faisait en sorte que je me sentais quand même bien, puis j’ai poursuivi avec la chimio « FEC ». Le 19 septembre, on m’a fait l’ablation des deux seins, puis j’ai eu de la radiothérapie du côté droit. Heureusement, mes ganglions n’étaient pas attaqués. À partir du 28 décembre 2006, j’étais sur la voie de la guérison. En 2007, j’ai recommencé à travailler, à Sorel-Tracy cette fois-ci. J’ai peut-être recommencé à retravailler trop vite, car je suis présentement en repos…

Comment tes proches ont-ils réagi?

Pour mon conjoint Mario, avec qui je partage ma vie depuis 1995, ça a été un gros choc. Tout au long, il a vraiment été super! On a toujours formé une bonne équipe. Ma belle-sœur a été d’une aide extraordinaire et des gens se sont ajoutés à notre équipe : mon patron, mon voisinage qui m’apportait des petits plats, etc. Mon amie Nathalie St-Laurent a même fait une campagne de financement pour m’amener à Cuba.

Qu’as-tu dit à ta fille?

Notre fille Maude avait alors 4 ans. Sans entrer dans les questions, on lui a dit ce qui se passait. C’est une petite fille intelligente et allumée, qui n’a pas peur des mots. J’espérais quand même qu’elle allait profiter de sa petite enfance. Il ne faut pas cacher la maladie aux enfants, car ils voient ce qui se passe. Quand mes cheveux ont commencé à tomber – je les avais en bas des épaules – je les ai fait raser et j’ai utilisé l’image de Caillou, qui a été notre modèle.

Comment te sens-tu en tant que femme?

Entretemps, on a essayé de procéder à la reconstruction mammaire et j’ai eu quelques petites avaries. Ça a fonctionné du côté gauche, mais pas du droit à cause des effets de la radiothérapie sur ma peau. Après plusieurs opérations, une semaine d’hospitalisation, six anesthésies et des rejets, j’ai pris la décision de laisser tomber. J’ai finalement opté pour une prothèse externe. Je vis très bien avec ça. Ça ne me gêne pas du tout. Je suis encore jeune. Les bikinis, c’est important pour moi. Souvent, j’en achète et je les fais modifier.

As-tu encore peur du cancer?

Je n’ai pas peur du futur et je suis positive, même si j’y pense des fois. Je suis très choyée par la vie et j’apprécie les petits moments.

Séance de photos spéciale réalisée par la photographe sociale NathB (www.nathb.ca) et la maquilleuse artistique Stéphanie Brunelle (www.bouclette.ca).

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