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Inquiétude chez les policiers abénakis

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27 février 2013
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Par Sébastien Lacroix

L’avenir du corps de police abénakis qui dessert les communautés d’Odanak et de Wôlinak est de plus en plus incertain.

C’est que l’entente qui régit les 18 corps de police autochtones arrive à échéance le 31 mars et les pourparlers avec le fédéral ne sont même pas encore amorcés. « Ça va venir vite, c’est dans à peine un mois et nous n’avons aucune nouvelle. Le ministre ne retourne même pas ses appels », déplore le directeur du poste, Éric Cloutier.

Le gouvernement fédéral est en train de réévaluer le programme et croit que ce serait au provincial à gérer ces corps de police. « Il devrait faire l’annonce lors du budget, à la fin mars, explique-t-il. S’il décide de couper, ce serait terminer pour nous. On ne sait vraiment pas à quoi s’attendre. »

Au 31 mars, s’il n’y a toujours pas d’entente, mais que les pourparlers se poursuivent, le poste de police situé à Odanak pourrait continuer à opérer. « En vertu de l’article 47 du statut de policier, nous pourrions faire notre travail même s’il n’y a pas d’entente », rassure le directeur du poste.

Dans un tel scénario, la question demeure à savoir qui va couvrir les frais. « Il y a des communautés qui pourront le faire, mais d’autres pas, élabore Éric Cloutier. Dans notre cas, chaque année que l’entente a dû être renouvelée, le conseil a été obligé de nous financer. La dernière fois, ils ont couvert pendant six à huit mois. Ils ont été remboursés, mais ils ont tout de même dû endosser pendant tout ce temps. »

Cette situation n’est tout de même rien pour rassurer ceux qui travaillent au poste de police des abénakis. « L’inquiétude s’empare de tous, parce qu’ils se demandent s’ils vont avoir encore un job. Les policiers ont des familles, des maisons, des comptes à payer », rappelle-t-il.

Le fait que l’avenir du poste soit continuellement remis en question n’est rien pour attirer du personnel. « Il y a un roulement qui est incroyable, déplore le directeur. Les policiers veulent de bonnes conditions, mais aussi une stabilité pour pouvoir faire toute leur carrière au même endroit. Les salaires que l’on offre sont aussi beaucoup plus bas que les autres corps de police. »

De réelles économies ?

Pour le moment, le budget du poste de police d’Odanak est de 650 000 $ par année, un montant qui n’a pas été indexé depuis 2009. À l’époque, le fédéral menaçait de couper 19 % du budget. Il s’est finalement ravisé, mais a opté pour un gel.

« À la Sûreté du Québec, le budget est de 165 000 $ par policier. Nous aimerions avoir un budget qui soit équitable. On ne peut pas mettre de chiffre, parce qu’on n’a pas le gros bout du bâton, mais on aimerait avoir quelque chose qui a de l’allure pour offrir un service qui soit adéquat », mentionne M. Cloutier.

Le directeur du poste se questionne également sur la logique derrière l’intention du fédéral de confier cette responsabilité au provincial. « Il n’y a pas de réelles économies qui se feraient parce que ça leur coûte beaucoup moins cher de faire affaire avec des policiers communautaires », insiste-t-il.

La SQ facture un prix important quand ses policiers doivent intervenir dans les communautés autochtones, constate Éric Cloutier. « Les policiers sont toujours en overtime parce que c’est en territoire fédéral. Ça leur coûte trois fois le prix et ne font pas de patrouille ni de prévention. »

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