Frencher le français avec Boucar Diouf
Par Fadwa Lapierre
« La langue c’est comme une amoureuse, il faut s’en occuper affectueusement, sinon elle peut filer à l’anglaise et frencher une langue étrangère », lance en riant Boucar Diouf, porte-parole des Rendez-vous de la francophonie, qui sont fêtés en Montérégie tout le mois de mars.
La région recèle de fervents défenseurs du français. Rappelons que l’an dernier, l’Office québécois de la langue française (OQLF) a reçu 326 plaintes de la population pour non-respect de la Charte de la langue française, plaçant la Montérégie en deuxième position derrière Montréal.
Selon Boucar Diouf, qui demeure sur la Rive-Sud, la controverse surnommée pastagate n’est pas à prendre à la légère. « L’OQLF a appliqué la loi. C’est leur devoir de répondre aux plaintes. Ce n’est pas banal, il faut décider de ce que l’on veut, si on veut vivre en français dans 50 ans. L’identité est un rapport de force continuel. Si tu la perds, tu te fais imposer celle de l’autre. »
Immigré au Québec depuis plus de 20 ans, l’humoriste et conteur est intimement lié à la francité. Grâce à une bourse de la Francophonie, il a pu étudier l’océanographie à l’Université du Québec à Rimouski. Ses parents étant analphabètes, il considère que la langue française l’a ouvert sur le monde.
« Il n’y a pas assez d’argent investi dans l’accueil, l’intégration et la francisation des immigrants, déplore-t-il. Si la première génération rate son intégration, elle garde une nostalgie qu’elle transmettra à ses enfants. Si l’intégration fonctionne, elle se sent à l’aise et s’enracine. »
Les Rendez-vous de la francophonie sont célébrés à travers le pays. Boucar Diouf a parcouru le Canada pour visiter les communautés francophones de partout, dans le cadre de galas d’humour. Il y a été chaleureusement reçu.
« Le Québec a oublié les francophones d’ailleurs. On est tellement préoccupé par notre survie, qu’on oublie nos grands frères. C’est une troisième solitude. Il y a une distance énorme entre les communautés francophones dispersées au pays, pourtant la langue brise les barrières. »
Fêter la langue
Les francophones sont liés par la joie de vivre, poursuit Boucar Diouf on est fêtard, on est différent et délinquant, c’est ce qui explique notre créativité », souligne celui qui est présentement en rodage sur la Rive-Sud pour son nouveau spectacle.
Pour de l'information sur les Rendez-vous de la francophonie, visitez le www.rvf.ca.
