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Un centre multifonctionnel dans l’église Notre-Dame?

Après avoir fait l’acquisition d’une première église, il y a quelques années, la Municipalité de Pierreville pourrait devenir propriétaire d’une autre d’ici quelque temps.

La Fabrique de la nouvelle paroisse Sainte-Marguerite-d’Youville a établi un premier contact avec le conseil municipal en vue de lui vendre l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs pour la somme symbolique d’un dollar.

C’est que la fabrique n’a plus les moyens de l’entretenir. « Seulement que pour la garder ouverte, ça nous coûtait de 15 000 $ à 20 000 $ par année. Il y a aussi des rénovations à faire. Le perron a été fait il y a quelques années, mais il faut peinturer et changer les portes et les fenêtres », indique la présidente de l’assemblée de fabrique, Simonne Girard.

Avec la fusion des paroisses, jumelée à la baisse de la pratique religieuse, il devenait de plus en plus difficile pour la fabrique de trouver les fonds nécessaires. « Il y a de moins en moins de payeurs de dîmes. Soit qu’ils s'en vont parce qu’ils n’ont plus de logements ou qu’ils nous quittent vers un monde meilleur, fait remarquer Mme Girard. C’est de plus en plus difficile d’aller chercher les jeunes, que ce soit pour le bénévolat ou pour trouver des fonds pour l’église. »

Si c’est elle-même qui a proposé à la Municipalité de transformer l’église en centre multifonctionnel, la fabrique insiste tout de même pour conserver un lieu de culte. « Le chœur resterait en place. Comme nos bancs ne sont pas incrustés, nous pourrions simplement les enlever et les mettre en vente auprès d’antiquaires, par exemple, et les remplacer par des chaises. On veut la garder pour la messe, les funérailles et les services réguliers », mentionne la présidente de la Fabrique Sainte-Marguerite-d’Youville.

Une pierre deux coups

Pour le conseil de Pierreville, le fait d’acquérir l’église, qui est située dans le secteur Notre-Dame, pourrait lui permettre de libérer non pas un, mais deux bâtiments municipaux.

L’actuelle salle municipale, où se tenaient les séances du conseil avant la fusion, pourrait y être déménagée. « Elle est très maganée, ce n’est pas une grande bâtisse et il n’y a pas de stationnements. Tandis qu’à l’église, il y a de la place pour les autos et ce serait assez grand pour faire un petit centre communautaire », admet le maire de Pierreville, André Descôteaux.

La sacristie pourrait quant à elle accueillir la bibliothèque municipale du secteur Notre-Dame. Il faudrait toutefois faire des études à savoir si les fondations sont assez solides pour soutenir le poids des volumes et des étagères.

Le fait de relocaliser les deux services au sein de l’église permettrait à la Municipalité d’économiser des frais récurrents relativement importants. « Ça nous permettrait de récupérer entre 12 000 $ et 15 000 $ pour chaque bâtiment. Avec cet argent, l’église se financerait toute seul et même plus », admet le maire.

Un premier pas vers le « Village des pêcheurs »

Les deux parties impliquées insistent pour conserver le cachet à l’intérieur de l’église, où l’on y trouve quelques éléments en lien avec l’historique de la navigation à Notre-Dame, comme un filet de pêche et des bateaux miniatures. Une guitare et un lutrin géants, qui servent durant le Festival country, y sont aussi entreposés.

Le maire André Descôteaux n’exclut pas non plus l’idée de transformer l’église en un musée, un projet qui est dans l’air depuis quelques années et qui pourrait s’avérer un premier pas vers le « Village des pêcheurs » qui avait été proposé dans une étude réalisée par la Coopérative de solidarité de la Réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre.

En plus du musée, un centre d’interprétation, des panneaux d'information, un parcours de bornes interactives, des sentiers pédestres, des passerelles avec des belvédères d’observation et du théâtre sur la rivière figuraient parmi les idées avancées.

Du nombre, aucun de ces projets n’a été réalisée depuis que le conseil a essuyé un refus pour le creusage du chenal Tardif, et ce, malgré le fait que le Bas-Saint-François n’est pas officiellement raccordé à la Route des Navigateurs en raison de l’absence d’un point d’ancrage suffisamment important pour justifier le déplacement.

« Le tourisme peut nous apporter beaucoup, mais le conseil n’a pas été de l’avant parce que ça peut coûter quelque chose. Moi je crois qu’il faut semer avant de récolter », lance le maire André Descôteaux, qui ne croit pas que le dossier bougera avant les prochaines élections municipales.

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